vendredi 16 juin 2017

Une belle escale à Istanbul

"Pour être heureux, il faut s'entourer de gens heureux", a dit Hugo Pratt - ou l'un de ses personnages - quelque part dans son oeuvre labyrinthique.

Sage conseil.

J'ai donc décidé depuis quelques semaines de couper totalement la radio et les journaux (télévisés ou en ligne) qui sont comme d'affreux amis qui vous sucent le sang et vous prennent votre énergie.

Trois très bonnes raisons de le faire :

1/ Tout d'abord, les médias dominants (Le Monde, Libé, TF1, France Info...) appartiennent à des groupes industriels ou à l'Etat. Leur parole - qui n'est pas une parole libre mais servile - ne mérite pas d'être écoutée.

2/ Ensuite, 80% des nouvelles véhiculées par ces médias sont des nouvelles catastrophiques qui ne nous concernent en rien. Elles font juste grandir la peur dans nos esprits et nourrissent nos pulsions morbides.

3/ Enfin, couper les informations, c'est reprendre du souffle, du temps et de l'espoir. Santé du corps et santé de l'esprit.

***

Dans des précédents posts, j'ai pas mal parlé d'Istanbul et de la Turquie (les attentats, la guerre...), aujourd'hui, je veux juste mettre en ligne quelques photos de ma dernière escale à Istanbul.

Une escale touristique ensoleillée et heureuse de 15 heures avec balade à la tour Galata, promenade en mer sur le Bosphore, et dégustation de poissons grillés sur la Corne d'Or.























Coup de coeur pour cette ville-monde... en fait... Istanbul,
 avec ses somptueux palais au bord de l'eau, c'est Byzance !

dimanche 14 mai 2017

RUSSIE-TURQUIE, vers l'apaisement

Il y a un an, suite à la destruction d’un chasseur-bombardier russe dans le ciel turco-syrien, l’ambiance était devenue épouvantable entre la Russie et la Turquie.

Des mesures inamicales avaient été prises de part et d’autre : soutien russe aux troupes kurdes de Syrie considérées comme terroristes par Ankara, abrogation de la dispense de visa pour les citoyens turcs désireux de se rendre en Russie, et interdiction des importations turques, notamment des fruits et légumes. Sans compter le gel de nombreux projets de types gazoducs…

Je me souviens des vols d’Aeroflot, alors complètement vides entre Istanbul et Moscou : une fois le commandant de bord était même venu superviser en personne l’enregistrement des bagages et rassurer les quelques passagers. Plus un seul Russe ne désirait passer ses vacances en Turquie, eux qui étaient pourtant la première nationalité touristique du pays.

Mais depuis quelques mois, le réchauffement  - motivé par de solides raisons pragmatiques visant à rompre l’isolement ou la méfiance américano-européenne - est réel.

Ce réchauffement, je le constate à ma petite échelle.

Avant, pour me rendre d’Erbil à Togliatti, il me fallait 24 heures, trois avions et de très longs transits : Erbil-Istanbul / Istanbul-Moscou / Moscou – Togliatti.

Depuis quelques semaines, tout est changé.  Il  y a maintenant trois compagnies turques qui desservent directement Samara depuis Istanbul : Atlas Global, Pegasus et  Turkish Airlines. Mon temps de transport a été divisé par deux.

Au passage, je constate que même depuis Paris, il est plus économique de se rendre à Samara en transitant par Istanbul que par Moscou !

L’Airbus A320 de la compagnie Atlas Global  - plein de touristes russes ravis de se rendre en Turquie -   me paraît être finalement beaucoup plus qu’un simple aéronef…

Cet avion,  c’est un symbole,  c’est une colombe de la paix qui - donnant raison à Voltaire dans sa Lettre sur le commerce - « contribue au bonheur du monde ».







samedi 22 avril 2017

BORGES président !

A quelques heures du scrutin, je suis - très sincèrement - dans la plus complète indécision.

Certes, je ne voterai pas pour MACRON, ni pour HAMON, POUTOU ou ARTHAUD.

mais pour les autres...

Ils ont tous quelque chose.

Impression d'être comme un de ces moutons de LA FERME DES ANIMAUX d'Orwell qui donne raison au dernier orateur.

La chanson des INCONNUS me vient à l'esprit.





Peut-être que finalement, je vais tirer au sort comme dans  LA LOTERIE A BABYLONE de BORGES.

Oui, faire confiance à l'aveugle de Buenos Aires, au génial auteur de FICTIONS.

Dans l’isoloir avec 7 noms - en mettre un dans l'enveloppe : sans savoir lequel.

Laisser le hasard, la chance, le sort et qui sait ? le destin décider !


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vendredi 14 avril 2017

Pâques sous haute protection au Kurdistan d'Irak

Hier, Vendredi Saint, je suis allé à Ankawa, le quartier chrétien d'Erbil.

Les églises étaient absolument pleines et, comme beaucoup, j'ai dû assister à l'office de Mar Elia depuis la parvis.

Chants syriaques : même sans comprendre les paroles, difficile de n'être pas sensible à leur force et à leur beauté.

Rituel étrange sur la fin de la cérémonie : un cercueil plein de roses flotte dans l'église et glisse sur les épaules des fidèles. Des mains saisissent des fleurs ou y déposent de gros bouquets. Puis il rejoint l'autel.

Nous défilons lentement.

Dans le cercueil, le mannequin d'un Christ mort, saignant et démembré.

Mort, saignant et démembré...  comme tous ces chrétiens coptes sauvagement assassinés par des fanatiques musulmans en Egypte.

Dehors des dizaines de peshmergas armés protégeaient le bâtiment.

Barzani serait-il un meilleur protecteur des chrétiens d'Orient que Sissi ?



samedi 8 avril 2017

SYRIE, le bon sens anglais d'un ancien ambassadeur ?

Juste pour entendre un autre son de cloche...




Intéressante aussi : l'intervention du représentant de la Bolivie au Conseil de Sécurité, et  la photo-souvenir des armes de destruction massive qui ont justifié la catastrophique intervention en Irak.




jeudi 6 avril 2017

Russie : la cloche fêlée de Moscou

De passage à Moscou, la semaine dernière, je suis allé faire un tour au Kremlin.

Bien-sûr, j'ai pris le métro, vers 8h30 du matin, quand il est absolument bondé.

Je me suis alors dit que tous ces corps comprimés augmenteraient mes chances de survie en cas d'explosion, mais qu'ils les réduiraient en cas d'attaque chimique - comment fuir lorsqu'un mur humain barre le passage vers la sortie à l'air libre ?

Joyeuses pensées d'un siècle joyeux... Tout cela ne m'a pas empêché d'admirer la beauté du métro et l'élégance légèrement provocante des Moscovites.

Depuis, hélas, la bombe à Saint Pétersbourg et le gaz en Syrie...

Mais ce jour-là, j'ai profité de l'innocence de l'instant :  les remparts du Kremlin, la relève de la garde, les canons pris aux Français, les quatre cathédrales, un vent glacial, un ciel parfois bleu, un air parfois ensoleillé. Et une cloche, une très grosse cloche, fêlée.






La cloche fêlée,

Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,
D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume,

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente !

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,
Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.

                                                                                                            BAUDELAIRE

samedi 1 avril 2017

vol Moscou-Istanbul : un djihadiste pirate de l'air !

Assis près du hublot à la cinquième rangée d'un Boeing 737 de la compagnie aérienne turque PEGASUS, je vois soudain se lever un grand gars musclé, un oriental, très barbu.

Il marche d'un pas décidé vers la cabine de pilotage.

Il essaie d'ouvrir la porte une première fois. Sans succès.

Il jette un coup d’œil sur les passagers, puis essaie une seconde fois d'ouvrir la porte de la cabine.

Je me suis dit deux choses :
- c'est un terroriste.
- c'est un terroriste stupide (il y en a beaucoup) qui ignore que depuis le 11 septembre 2001, les portes sont blindées et qu'il n'a - comme feu le commandant du vol de la GERMAN WINGS - aucune chance de l'ouvrir.

Troisième tentative. Troisième échec.

Va-t-il sortir une arme ? Un pain de plastique de sa semelle ?

Il interpelle alors quelqu'un dans les premiers rangs qui lui répond quelque chose en turc ou en arabe.

Il a donc des complices.

Il ne s'est pas passé plus de dix secondes depuis le début de l'attaque.

Il est peut-être temps d'agir mais je suis coincé à ma place avec, devant, le voisin qui a baissé son fauteuil et, à mes côtés, deux vieilles qui ronflent : pas facile de rejoindre l'allée pour tenter de les stopper.

Etrangement, le terroriste se met à sourire, il se retourne ,puis pivote de 45° sur sa gauche et parvient finalement à ouvrir la porte... des toilettes qu'il cherchait manifestement depuis le début et qui se trouve juste à côté de la cabine de pilotage.

Confondre la porte de la cabine de pilotage et celle des toilettes, il faut quand même le faire !


samedi 18 mars 2017

Orly, la passoire intégrale

Depuis septembre, j'ai pris 26 avions, et j'ai passé pas mal d'heures dans pas mal d'aéroports.

Erbil (Irak), Ataturk (Turquie), Gokcen (Turquie), Domodedovo (Russie), Vnukova (Russie), Kurumoch (Russie) et bien-sûr Orly.

Pour entrer dans tous ces aéroports : valises et bagages-cabines sont scannés une ou deux fois, et l'on passe sous un portique métallique.

Ceci partout, sauf à Orly.

Je suis passé à Orly en septembre, janvier et février. A chaque fois, je suis arrivé par l'Orly-Val et l'on ne m'a jamais, je dis bien jamais, contrôlé.

J'aurais pu avoir une bombe dans mon sac et une arme sous mon manteau... personne ne l'aurait su.

On a eu de la chance que ce fou d'Allah ait été particulièrement stupide et qu'il ait pensé pouvoir faire un carnage avec un pistolet à grenaille et un petit bidon d'essence.

Puisse Dieu avoir son âme.

Mossoul : vol bleu pour béret vert qui voit la vie en rose

L'amour, tel un drone MQ-1 Predator, frappe n'importe où, n'importe qui, n'importe quand.

Un soldat français des forces spéciales, engagé dans la bataille de Mossoul, est tombé fou amoureux d'une peshmergate.

Pour retrouver sa belle, enfermée dans un camp retranché, il s'est affranchi des ordres, et - de nuit - a franchi fossés, tranchées, barbelés, hauts murs bétonnés aux tessons de bouteilles tranchantes.

Rien ne peut arrêter un Français, un Français amoureux, un Français amoureux soldat d'élite.

Mais à la troisième sortie, il tombe nez à nez avec le commandant de l'unité peshmerga.

Scandale.

Arrêté. Renvoyé. Vol disciplinaire.

*

Cette peshmergate est, d'après A. - diplomate en poste en Irak - d'une beauté semblable à celle d'un poignard à lame courbe ciselée, au manche d'ivoire délicatement ouvragé.

A. compte bien assister au mariage. 

jeudi 16 mars 2017

Les feuilles mortes d'Halabja

Aujourd'hui 16 mars, une minute de silence au Kurdistan vers 11 heures, en souvenir du massacre d'Halabja.

Le gazage de 5000 kurdes - dont beaucoup de femmes et d'enfants -  par les forces de Saddam Hussein en 1988.


Anfal



Il est une poétesse kurde, CHOMAN HARDI, qui a écrit un poème sur ce sujet. Le narrateur est... mais je vous laisse découvrir.


All my life I waited for words –

a poem, a letter, a mathematical puzzle.

On March 16th 1988

thousands of us were taken on board –
you can’t imagine our anticipation.

When they threw us out from high above

we were confused, lost in blankness.
All those clean white pages
parachuting into town…..

Puzzled faces looked up

expecting a message, but we were blank.

Two hours later they dropped the real thing.

We had been testing the wind direction.
Thousands of people were gassed that day.



Je tente une traduction en français


Toute ma vie, j'ai espéré des mots - 
un poème, une lettre, un problème mathématique.

Le 16 mars 1988
des milliers d'entre nous furent embarquées à bord d'un avion
vous ne pouvez pas imaginer notre état d'excitation.

Quand ils nous ont jetées dans les airs
Nous étions confuses, perdues dans le vide.
Toutes ces feuilles blanches vierges
parachutées sur la ville...

Des visages perplexes regardaient en l'air
attendant un message, mais nous étions vierges.

Deux heures plus tard, ils larguèrent la vraie chose.
Nous avions servi à tester la direction du vent.
Des milliers de personnes furent gazées ce jour-là.