samedi 20 août 2016

un été russe : l'okrochka, soupe froide pour été chaud

Ces jours-ci, il fait vraiment "jarka" sur les bords de la Volga, 35°C à midi.
Pas question de manger du bortsch ou des pilmini.
Un plat s'impose.


L'OKROCHKA (prononcez a-kro-chka) : c'est frais, pétillant, léger, nourrissant, délicieux - et facile à préparer.

De mémoire, les ingrédients (pour 4 personnes) :
- 4 petits concombres
- 4 oeufs durs
- 4 pommes de terre
- du jambon (200 grammes)
- du saucisson râpé (100 grammes)
- des radis (en option)
- des oignons verts
- du persil
- du fenouil

Il faut tout couper en petits morceaux, en petits cubes (ockrochka veut dire "miettes").






Quand tout est prêt, vous pouvez servir dans chaque assiette.


Mais bien sûr, il ne faut pas oublier le KVAS, cette délicieuse boisson aux céréales fermentées, qui fait de l'OKROCHKA une incroyable souple pétillante.

Le kvas doit être servi frais

Si vous ne pouvez pas acheter de KVAS, vous pouvez le faire vous même !



Voilà, c'est prêt

Les Russes ont souvent tendance à ajouter une bonne dose de mayonnaise...
mais à mon avis, c'est meilleur sans !

Bon Appétit !
приятного аппетита !


samedi 13 août 2016

un été russe : VOLGA plage

Pour beaucoup de Français, la Russie c'est la neige, des ours, la Sibérie et un hiver éternel !

Alors, pour ceux qui ne le savent pas, en Russie, l'été - continental - est très chaud :  non pas parce que les filles ont souvent de très longues jambes et de très courts shorts mais tout simplement parce que le mercure se balade - selon les régions - entre 28°C et 40°C.

Pour se rafraîchir, rien de tel que la"пляж" (plage) !

Et pas la peine d'aller sur le mer Noire pour en profiter : les lacs, les rivières et les fleuves sont partout et offrent souvent des berges idéales.

A Togliatti ou à Samara, c'est la Volga qui coule paresseusement. Quel délice que de se plonger dans l'eau du plus long fleuve d'Europe (3500 km)

La Volga entre Togliatti et Samra

Un embarcadère pour rejoindre Togliatti ou Samara non loin de Sharayeva, le village du peintre Repin

Résultat de recherche d'images pour "haleurs de la volga"
le fameux tableau de Repin : Les haleurs de la Volga




La Volga à Togliatti, 15 km de large ! En face, les monts Jigouli


La plage à Togliatti

La plage à Samara, en plein centre ville !

Samara : il suffit de traverser le fleuve pour se retrouver en pleine nature.

La Volga occupe une place fondamentale dans l'imaginaire russe. Elle est, entre autres, le lieu des exploits de Stepan Razin (1630-1671), le Cosaque pirate pilleur massacreur libérateur des paysans !


Résultat de recherche d'images pour "stepan razine"


S

samedi 6 août 2016

Montaigne, la datcha, les terroristes et les choux

Depuis début juillet en Russie, j'alterne les séjours à la datcha et les séjours en ville.

A chaque retour en ville, je retrouve internet et les informations et chaque fois c'est la même chose : un terroriste fanatique musulman a tué à la hache, au couteau, au camion...

Alors je retourne vite à la datcha avec mon épouse, ma petite fille (et parfois aussi "Baboule", ma belle-mère!) sans radio, sans télé, sans nouvelles et sans mauvaises nouvelles.

Je cueille quelques framboises, quelques fraises, et je feuillette quelques pages de Montaigne qui m'accompagne cet été.



Mes pensées flottent et vont des tomates rouges qui mûrissent dans la serre aux malheureuses victimes dont les corps pourrissent déjà sous terre,

Un chien aboie, l'eau clapote dans le petit bassin, le voisin met Radio Datcha à plein volume, et ma fille pousse un cri de joie en voyant les énormes choux qui poussent dans le modeste jardin-potager.




La page lue de Montaigne croise alors l'instant vécu

"Je veux que la mort me trouve en train de planter mes choux, mais insoucieux d'elle et encore plus de mon jardin inachevé."
Essais I, 20

Mais pour l'instant, c'est la vie qui me trouve en train de déguster de délicieuses cerises et d'en faire des confitures !


mardi 5 juillet 2016

Istanbul, le jour d'après

La pluie tombe doucement sur la piste d’Atatürk d’où les avions décollent toutes les deux minutes. Comme avant. En prenant leur élan laborieux sur la piste trempée,  ils soulèvent une vague, un sillage, une éclaboussure blanche qui les rend semblables à des cygnes alourdis peinant à s’arracher à l’onde. Comme avant, sous les fenêtres de l'aéroport, les bus de passagers, les trains de bagages, les gyrophares, les camions citernes, les voitures de service, les mini-bus équipages, se croisent, se frôlent, se suivent, s’évitent mais ne se percutent pas. Comme avant. Rien n’a changé à Atatürk. Le vent chasse les nuages, la mer fait disparaître les empreintes dans le sable, et, ici, le flot des avions et des voyageurs  a déjà effacé le sang frais des 44 victimes assassinées il y a un jour à peine.

*

Le duty-free vend ses produits, là, à 3 mètres et 1500 minutes de la zone d’explosion de la bombe.

*

Les impacts de balles sont manifestement moins intéressants que les bouteilles d’alcool, les parfums, les montres, les bijoux.

*

Les Belges ont mis trois semaines avant de rouvrir leur aéroport, les Turcs trois heures. Nous autres, Européens, sommes devenus trop sensibles, trop larmoyants.


*

La terrasse que j’avais repérée dans mes notes précédentes pour être à l’abri en cas d’attaque a été épargnée.C’était donc un bon choix. Mais pas si bon que ça puisque l’explosion a eu lieu à 80 pas à peine.

*

Roulette russe planétaire, Pari Morbide Universel financé par l’Etat - islamique au Levant.
Frissons garantis.
Une chance sur six - sur six millions - de gagner un ticket pour l’au-delà.

*

Passagers de passage qui passent qui passeront passagers pas sages qui ont passé ont dépassé ont des pas qui sont passés qui sont dépassés qui n’ont pas assez passé pas assez âgés ces passagers de passage c’est pas ça ces pas ces appâts c’est pas sage ah ces passagers de passage qui passent qui sont passés qui ne passeront plus qui ont trépassé qui ne trépasseront plus. Que Dieu ait leur âme.




dimanche 26 juin 2016

L'Union Européenne ou l'URSS du 21ème siècle

Quand on voit les gesticulations de Hollande, l'indifférence de Merkel et l'agressivité de Bruxelles, on comprend que l'UE n'a aucune chance de trouver un second souffle. Irréformable, elle ne peut que s'écrouler plus ou moins vite.

L'Europe, nous disait-on, c'est la paix, c'est la prospérité, c'est la stabilité : quelle triste blague.

Les conflits en Bosnie puis en Ukraine nous ont montré que l'Europe c'est la guerre.
La crise grecque nous montre que l'Europe c'est la misère.
La crise des migrants nous montre que l'Europe c'est le chaos.
Et la crise britannique nous montre que l'Europe c'est fini !

Et une fois de plus, la grande erreur de l'humanité - dénoncée par Nietzsche dans son Crépuscule des Idoles - se reproduit : confondre la cause et la conséquence.
Ce n'est pas parce que les peuples sont bêtes et méchants qu'ils veulent quitter l'Europe, c'est parce que l'Europe est bête et méchante que les peuples la quittent.

Vidéo savoureuse d'un homme qui a vécu dans notre futur, et ça n'a pas marché !





mardi 21 juin 2016

Par delà la droite, la gauche

Aujourd'hui un article de Natacha Polony, repris par l'excellent Charles Sannat du site INSOLENTIA.
***
Vous connaissez sans doute mon expression « pensée ligne Maginot ». Eh bien le clivage gauche/droite que nombreux s’évertuent à perpétuer en fait évidemment partie.
D’ailleurs, si un très grand nombre de concitoyens est perdu actuellement dans les « idées » politiques avec une gauche faisant une politique « libérale », c’est parce qu’il y a une maldonne profonde sur la réalité du clivage politique.

La droite et la gauche, cela n’a strictement plus aucun sens.

Le véritable débat désormais se situe entre deux grands projets incompatibles que sont le mondialisme et le souverainisme. Ceux qui pensent que l’unité de base doit être la nation, seul creuset possible de l’expression des peuples et de la démocratie, et ceux qui défendent l’idée du mondialisme heureux, qui encensent l »ouverture » et la « diversité » se souciant peu des problèmes ou conséquences engendrées, car l’idée sous-jacente, c’est évidemment l’annihilation des homogénéités nationales pour imposer le totalitarisme marchand des grandes multinationales dont tous les peuples, toutes les religions et toutes les couleurs sont déjà les victimes.
Alors oui, ceux qui pensent que gauche et droite c’est différent sont juste des idiots utiles en retard d’une guerre et c’est l’une des raisons pour laquelle vous ne me verrez jamais prendre parti pour un camp ou l’autre, en plus du fait que je me dois, par considération pour chacun de mes lecteurs, d’être le plus pragmatique et objectif possible.
Voici donc les dernières réflexions de Natacha Polony, l’une des journalistes françaises les plus courageuses que je partage bien volontiers.
N’ayons pas peur des insultes, des quolibets et autres qualificatifs de « populiste » ou autre « facho » qui ne servent qu’à euthanasier la pensée et interdire de réfléchir autrement qu’à travers le prisme mondialiste et totalitaire des grandes multinationales. Au contraire, plus que jamais il est essentiel de se battre non pas pour le rejet de l’autre, mais contre ce totalitarisme « doux » incarné par des grands groupes qui se rêvent affranchis de toute règle, de toute loi, de toute contrainte, et sans contre-pouvoir.
Charles SANNAT

NATACHA POLONY : « L’APPEL À LA RÉSISTANCE DU 18 JUIN N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI ACTUEL »

Demain, le 18 juin, le Comité Orwell organise son deuxième colloque sur le thème de la souveraineté à l’heure de la mondialisation. À cette occasion, Natacha Polony revient sur les grands débats qui agitent l’Union européenne à une semaine du référendum sur le Brexit. (Pour s’inscrire à la conférence de demain à 14h30 à l’IPAG Paris 184 bd St-Germain, envoyer un mail à comiteorwell1984@gmail.com )
FIGAROVOX. – Le comité Orwell organise son deuxième colloque samedi autour de la question suivante : « Parler de la souveraineté des peuples et des nations a-t-il encore un sens dans un monde globalisé ? » En quoi cette thématique est-elle pertinente et actuelle ?
Natacha POLONY. – On remarque aujourd’hui, quand on observe la teneur des débats politiques et économiques, que leur point aveugle, la notion qui n’est jamais abordée frontalement est celle de la souveraineté. Cette question est cruciale pour comprendre la violence des mouvements sociaux qui agitent la France ou les débats sur nos choix économiques et européens.
La souveraineté est indissociable de la démocratie. Si nous organisons cette conférence le 18 juin, date anniversaire de l’appel du 18 juin 1940, c’est parce que celui qui a compris cela mieux que tout autre est le général de Gaulle. C’est aussi ce que nous rappelle la Constitution de 1958 dans laquelle il est écrit, à l’article 3 : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » Elle rappelle également que la souveraineté est une et indivisible, et indissociable de la démocratie. Enfin, soulignons que les concepts de souveraineté nationale et de souveraineté populaire marchent de pair. On n’a pas à s’excuser de défendre ces notions par fausse pudeur ou par peur de se faire taxer de partisan du nationalisme.
Le terme « souverainisme » n’est-il pas galvaudé ?
Ce terme apparaît comme sulfureux. Le débat qui a eu lieu à l’automne dernier sur Onfray, Finkielkraut, ces intellectuels qui auraient « basculé vers l’extrême-droit e» s’est affiché en une deLibération comme du Point, des journaux qui se veulent qui, progressiste, qui, libéral. La question tacite qui se posait derrière était celle du souverainisme. Ces intellectuels étaient accusés d’avoir basculé du côté obscur de la force parce qu’ils étaient souverainistes. Ce mot incarne ce qui fait peur aux défenseurs du système actuel – qui dépouille les peuples de leur souveraineté, de la démocratie, de leur capacité de choisir leur destin.
Parler de nation, parler de peuple, c’est en mettre en évidence la dimension politique et en aucune façon un quelconque aspect ethnique ou religieux : c’est là que surgit une ambiguïté entretenue volontairement par les défenseur d’un système oppresseur.
Même si ce terme est employé de façon négative et accusatrice pour démontrer que ses défenseurs sont ethnicistes et identitaires, il faut voir que la question économique est au cœur du débat souverainiste. La souveraineté a été prise au peuple au profit d’intérêts qui privatisent le bien commun et l’espace public. Ce sont notamment les multinationales qui en bénéficient, comme on l’observe dans le cadre de débats – que nous n’avons pas, par manque criant de transparence sur le sujet – sur le traité transatlantique (TAFTA) ou sur le traité de libéralisation des services (TISA).
« La souveraineté est au peuple ce que la liberté est à l’individu. » Comment un certain libéralisme est-il parvenu à porter au pinacle les valeurs individualistes et consuméristes tout en enterrant le bien-fondé de la souveraineté nationale ?
L’immense escroquerie consiste à nous faire croire qu’il peut exister une liberté des individus sans une souveraineté du peuple. Mais comment les individus seraient-ils libres sans avoir la possibilité de se choisir un destin commun en tant que peuple, en tant qu’entité politique qui se forme volontairement ? Les individus supposément libres dont on nous parle ne sont que des monades solitaires réduites à leur qualité de consommateurs mais privés de leur autonomie politique, de leur citoyenneté.
Parler de nation, parler de peuple, c’est en mettre en évidence la dimension politique – et en aucune façon un quelconque aspect ethnique ou religieux : c’est là que surgit une ambiguïté entretenue volontairement par les défenseur d’un système oppresseur. « Vous parlez de souveraineté pour dissimuler votre haine de l’Autre. » Rhétorique de ceux qui veulent faire oublier Renan et la conception française de la Nation, politique et non ethnique, plébiscite de chaque jour.
Le contraire de la souveraineté, c’est l’esclavage et la soumission.
Le contraire de la souveraineté, c’est l’esclavage et la soumission. Un peuple souverain est un peuple libre, tout comme un individu souverain est celui qui a pu se forger son propre jugement, et qui s’est émancipé, notamment par l’éducation et par l’école. Celle-ci est fondamentale pour que chacun se libère du consumérisme qui est le seul véritable projet de ce système : un consumérisme hédoniste et individualiste. Ceux qui prétendent défendre un quelconque «libéralisme» quand ils applaudissent à cette conception dégradée de l’homme et de la société sont soit inconséquents soit cyniques. À l’échelle des entités politiques, il n’est plus de liberté puisqu’on nous prétend que les lois de l’économie seraient des lois naturelles. À l’échelle des individus, on est dans l’abrutissement de masse par le spectacle et la publicité pour fabriquer des consommateurs mus, non par leur libre-arbitre, mais par leurs pulsions. Où est le libéralisme là-dedans ?
Quel sens a pour vous l’appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle?
L’appel du 18 juin correspond au moment où la légitimité reprend le pas sur la légalité [annonce de l’armistice par le maréchal Pétain le 17 juin, ndlr] parce que la légalité a trahi la souveraineté de la nation, et celle du peuple. De Gaulle prend alors conscience du clivage qui sépare de certains élites qui ont choisi d’en finir avec la France – pays coupable, selon Pétain, d’avoir trop joui à travers les congés payés et le Front Populaire – et ceux qui veulent porter les valeurs qui ont fait notre pays depuis des siècles. Au nom de ce qu’est la France, accepter le 17 juin 1940 et la soumission à l’occupant était impossible.
Quelle nouvelle forme de résistance est-elle à mettre en place dans la France de 2016 ?
Il est nécessaire aujourd’hui de résister à ce qui nous est imposé par un discours d’experts qui estiment que la démocratie pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Le discours selon lequel « il n’y a pas d’alternative » est la négation même du politique et de la démocratie. Il y a toujours différents choix politiques possibles. Car un choix économique est en fait un choix politique qui implique d’assumer, soit comme aujourd’hui la déflation et la régulation par le chômage de masse et, à terme, la baisse des salaires, soit, si nos dirigeants décident de faire prévaloir les intérêts des citoyens qui les ont élus plutôt que ceux des multinationales qui leur soufflent les lois bancaires ou les traités de libre-échange, un rapport de force géopolitique qui permettra une forme de protection telle que s’en dotent la plupart des États souverains de cette planète. Mais c’est au peuple de choisir. Or ici, tout est fait pour que le peuple ne puisse pas choisir son destin mais pour que celui-ci lui soit imposé.
La résistance, ça n’est pas décréter que la France doit urgemment se replier sur ses frontières en détestant le reste du monde, comme le disent ceux qui caricaturent le débat ! Il s’agit de réfléchir à ce qui peut être fait politiquement pour ne pas subir la mondialisation mais pour l’organiser.
La résistance, ça n’est pas décréter que la France doit urgemment se replier sur ses frontières en détestant le reste du monde, comme le disent ceux qui caricaturent le débat ! Il s’agit de réfléchir à ce qui peut être fait politiquement pour ne pas subir la mondialisation mais pour l’organiser de façon à ce qu’elle soit juste et qu’elle puisse répondre aux besoins du peuple français et des peuples qui l’entourent. Au contraire, aujourd’hui, tout est fait pour que la mondialisation soit orchestrée comme un phénomène prétendument naturel.
La tenue d’un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est-elle le symptôme d’une volonté exprimée par des peuples qui veulent reprendre leur destin en main ?
Ce référendum est une leçon que nous donnent les Anglais. Le principe même de la démocratie consiste à contracter des accords provisoires – en échange du pouvoir qu’il confère à ceux qui le gouvernent, le peuple remet une part de sa souveraineté. Mais ces accords sont toujours réversibles. Ce que veut nier l’Union européenne actuelle, c’est précisément cette réversibilité.
On le voit aussi à travers l’organisation du TISA, et du CETA (accord de libre-échange Canada-Union européenne). Ces traités fixent l’irréversibilité des accords : un gouvernement démocratiquement élu ne pourrait revenir ultérieurement sur ces décisions, ce qu’on appelle les effet de « cliquet ». C’est un déni absolu de démocratie. Par ce référendum, qu’ils votent oui ou non, les Anglais rappellent qu’ils sont souverains et que ce sont eux qui décident. À nous de ne souvenir de cela…
Le président du Conseil européen Donald Tusk a déclaré le 13 juin au quotidien allemand Bild : «En tant qu’historien, je crains qu’un Brexit puisse marquer non seulement le début de la destruction de l’UE mais aussi de la civilisation occidentale. » Que vous inspire cette prévision ?
La civilisation européenne n’a rien à voir avec cette construction technocratique qu’on appelle l’Union européenne. La formidable escroquerie de ces dernières années est d’avoir réussi à faire croire qu’être opposé à la construction politique antidémocratique qu’est l’UE revenait à être contre l’Europe. Rien n’est plus faux. Cela permet de maintenir artificiellement cette entité selon le précepte : « l’UE ou le chaos », « sans l’UE, c’est la guerre ». Mais qui a décrété cela ? Il existe différentes formes d’organisations politiques, de la confédération au fédéralisme total et on peut tout imaginer à partir du moment où les peuples choisissent.
Quant à la légitimité d’historien de M. Tusk sur le sujet, elle sonne faux. Cette expertise me fait penser à celle de Jean-Claude Juncker quand il nous dit qu’« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Il faut réécouter le discours de Philippe Séguin le 5 mai 1992 au moment des débats sur le traité de Maastricht. Tout le problème concernant la souveraineté du peuple y est résumé : « L’Europe qu’on nous propose n’est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution. »
L’organisation d’un référendum sur le « Franxit » (sortie de la France de l’Union européenne) pourrait-elle avoir lieu ?
Tout cela ne se décrète pas mais se réfléchit politiquement. Il faut en tout cas réintroduire un rapport de force, qui nécessite d’avoir une marge de manœuvre, donc la possibilité de partir si l’on n’obtient pas ce que l’on veut. Ce qui compte, c’est que le peuple français retrouve l’idée que son vote est utile, qu’il a la main sur son destin. Le délitement social que nous voyons aujourd’hui, la montée des tensions et des haines, la guerre civile qui pointe vient du fait que les individus ont le sentiment que le corps politique n’existe plus. Quand il y a délitement de l’État, il y a délitement du corps social. Reconstruire la souveraineté, c’est rebâtir un peuple qui décide, en commun, de son avenir.
La loi Travail émane directement de suggestions de la Commission européenne.
Aujourd’hui, la loi Travail émane directement de suggestions de la Commission européenne. La ruse actuelle est de le reconnaître, mais de préciser juste après qu’elle a été acceptée par les gouvernements des différents pays d’Europe. Mais ceci se fait dans l’unique but de faire plier le marché du travail français aux injonctions de Bruxelles qui veut aligner le droit de des différents membres sur le moins-disant social. L’UE organise le dumping social et fiscal en son sein et avec l’extérieur pour le plus grand profit de ces multinationales qui disposent de quelques 15 000 lobbyistes à Bruxelles. Cette loi Travail est la traduction des choix des gouvernants de l’UE qui ont d’ores et déjà renoncé à toute souveraineté monétaire. Or la monnaie est un outil crucial. Sans la possibilité d’agir sur celle-ci, toute politique est compromise : notre modèle social est remis en cause, pour un résultat catastrophique, déflation et taux de chômage en hausse perpétuelle. En ligne de mire, nos salaires et notre protection sociale. Pour une meilleure santé de l’économie ? Faciliter les licenciements et augmenter le temps de travail (dans les grands groupes, parce que les PME sont, comme d‘habitude, en position défavorable dans ce genre de négociation) en nous rendra pas une politique industrielle digne de ce nom, des banques capables, comme c’est leur rôle, de financer l’économie et de libérer les initiatives, des marchés publics qui favorisent les entreprises nationales en introduisant des critères que qualité et de préservation de l’emploi, bref, la mise en place d’une concurrence loyale (on n’ose dire «libre et non faussée»…) préservant l’environnement, les savoir-faire et les normes sociales.
Forts de ces constats, nous proposons néanmoins un message d’espoir. C’est l’esprit du 18 juin : « la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». La flamme de l’espérance française non plus. Il ne s’agit pas d’être défaitiste – les défaitistes sont à l’inverse ceux qui ont admis qu’ils ne croyaient plus en la France: il faut résister pour ne pas renoncer à l’espoir d’une société plus juste et plus entreprenante, une société où répondre aux aspirations des peuples est chose possible.
Le Comité Orwell organise le 18 juin 2016 une conférence sur le thème : «S ouveraineté et mondialisation ».

dimanche 19 juin 2016

HELLY LUV, la Shakira kurde

Shakira, Beyoncé ou Olympe de Gouges,  je ne sais pas trop !

Ce n'est pas forcément ma musique préférée mais le clip de sa chanson RISK IT ALL permet de découvrir le paysage urbain d'Erbil avec sa citadelle, les tenues traditionnelles kurdes et le déhanchement relativement intéressant de cette Finlandaise d'origine kurde qui s'appelle en vérité Helan Abdulla.




Derrière les apparences d'une bimbo orientale, se cache en fait une femme engagée contre DAECH et pour les PESHMERGAS.

Ayant vécu - à cause de la guerre Iran-Irak - les premiers mois de sa vie dans des camps de réfugiés, elle se sent aujourd'hui particulièrement touchée par le sort des réfugiés syriens présents par dizaines de milliers au Kurdistan.

"Je me souviens juste que ma mère disait qu'il faisait toujours froid. Nous avions toujours faim. Tout était mouillé. Tout était sale"

"C'est tellement dur de tout perdre d'un seul coup et il n'y a pas grand chose que je puisse dire pour que les familles réfugiées se sentent mieux. Mais ce que je promets c'est de ne jamais me taire. Je vais parler de la douleur du Kurdistan et des gens qui souffrent. Je vais agir. Je ne serai jamais silencieuse."




Au Kurdistan, la plupart des femmes sont voilées et à la maison : ce qui explique que certains Kurdes l'acclament et que d'autres la maudissent.

Elle a reçu de nombreuses menaces de mort. D'abord effrayée, elle a finalement réagi et s'est fait tatouer sur son épaule gauche "NASRI" en kurde, ce qui veut dire "SANS PEUR" !

" Les gens ont parfois peur de parler fort, de prendre des risques et de briser les règles. Je crois à la liberté et aux droits des femmes."


Bonne écoute sur RADIO PESHMERGA !


samedi 18 juin 2016

la plus belle des sourates !


- Je n'arrive plus à bouger, Corto... Je suis fichu... Récite-moi la sourate "L'aube naissante"... et puis couvre-moi le visage selon la coutume bédouine...

- La sourate de "l'aube naissante" ?... Au nom d'Allah le Miséricordieux.
1. Bienheureux El Oxford qui va commencer une nouvelle vie pleine de jolies femmes et de vin.
2. Il ne faudra plus observer la Loi... ni les Saintes Ecritures.

- Ah !... Corto. Corto... maudit farceur... une sourate aussi belle n'existe pas...

Hugo Pratt, Les Ethiopiques
ultime dialogue entre El Oxford et Corto

Résultat de recherche d'images pour "corto maltese éthiopiques"

jeudi 16 juin 2016

De la famille comme seule instance authentiquement révolutionnaire

Jésus a dit aux apôtres : « Vous, donnez-leur quelque chose à manger. » C'est de cette manière que l’Évangile formule le principe de subsidiarité. Jésus n'a jamais dit : « Allez demander à César d'organiser un système d'assistance sociale impériale et d'assurer la justice sociale. » 

La famille est la première et la meilleure institution de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Si nous voulons aider les gens à sortir de la pauvreté, nous devons commencer par défendre la famille – et la moralité chrétienne, parce que la charité catholique ne peut pas être séparée de l'évangélisation. 

Nous ne pouvons pas défendre la vie et la famille en même temps que nous demandons un rôle accru pour le gouvernement dans la société, ou la création d'un gouvernement mondial.

jeudi 9 juin 2016

Un détail de l'histoire

Il y a quelques mois, dans un post intitulé LE PESMERGHA DU DIABLE, je m'étonnais de la présence de cartes postales d'Hitler dans de nombreuses boutiques du centre ville de Slemayni, la capitale culturelle du Kurdistan d'Irak.

Je fus surpris aussi de voir des petits kurdes jouer aux soldats dans les rues d'Erbil avec de grosses croix gammées coloriées sur leurs bras.

Tels pères, tels fils ? c'est du moins ce que je me demande aujourd'hui après avoir vu - en plein centre ville, au pied de la citadelle, près du bazar et du siège du gouvernorat - ce que j'ai vu...






Je me suis d'abord dit que quelqu'un de mal intentionné avait peu-être collé cette croix nazie sur le pare-brise arrière - mais le pendentif intérieur a vite rendu caduc cette hypothèse.




Le propriétaire est soit un gros con, soit un gros connard 
mais dans les deux cas ce qui est inquiétant c'est...




... qu'il est membre du Parti Démocrate Kurde, le PDK, 
le parti du président Barzani actuellement au pouvoir au Kurdistan d'Irak.

Et moi qui, naïf, croyais que les nazis étaient dans les rangs de DAECH