dimanche 28 août 2016

le rest' à terre

Après deux ans d'une belle navigation le GROG éprouve le besoin de jeter l'ancre, de jeter l'éponge, de passer à d'autres choses.

Le BLOG restera donc en rade, visible quelque temps encore avant de disparaître ou - qui sait ? - de repartir.

Merci de m'avoir suivi entre la France, la Russie et l'Irak, je vous souhaite à tous une excellente rentrée.

A dan on ot soleil, comme on dit en martiniquais,

Lever de soleil dans le ciel de Russie, oblast de Samara

"And, until we meet again, 
May God hold you in the palm of His hands"
                                                                                                    poème irlandais

samedi 20 août 2016

un été russe : l'okrochka, soupe froide pour été chaud

Ces jours-ci, il fait vraiment "jarka" sur les bords de la Volga, 35°C à midi.
Pas question de manger du bortsch ou des pilmini.
Un plat s'impose.


L'OKROCHKA (prononcez a-kro-chka) : c'est frais, pétillant, léger, nourrissant, délicieux - et facile à préparer.

De mémoire, les ingrédients (pour 4 personnes) :
- 4 petits concombres
- 4 oeufs durs
- 4 pommes de terre
- du jambon (200 grammes)
- du saucisson râpé (100 grammes)
- des radis (en option)
- des oignons verts
- du persil
- du fenouil

Il faut tout couper en petits morceaux, en petits cubes (ockrochka veut dire "miettes").






Quand tout est prêt, vous pouvez servir dans chaque assiette.


Mais bien sûr, il ne faut pas oublier le KVAS, cette délicieuse boisson aux céréales fermentées, qui fait de l'OKROCHKA une incroyable souple pétillante.

Le kvas doit être servi frais

Si vous ne pouvez pas acheter de KVAS, vous pouvez le faire vous même !



Voilà, c'est prêt

Les Russes ont souvent tendance à ajouter une bonne dose de mayonnaise...
mais à mon avis, c'est meilleur sans !

Bon Appétit !
приятного аппетита !


samedi 13 août 2016

un été russe : VOLGA plage

Pour beaucoup de Français, la Russie c'est la neige, des ours, la Sibérie et un hiver éternel !

Alors, pour ceux qui ne le savent pas, en Russie, l'été - continental - est très chaud :  non pas parce que les filles ont souvent de très longues jambes et de très courts shorts mais tout simplement parce que le mercure se balade - selon les régions - entre 28°C et 40°C.

Pour se rafraîchir, rien de tel que la"пляж" (plage) !

Et pas la peine d'aller sur le mer Noire pour en profiter : les lacs, les rivières et les fleuves sont partout et offrent souvent des berges idéales.

A Togliatti ou à Samara, c'est la Volga qui coule paresseusement. Quel délice que de se plonger dans l'eau du plus long fleuve d'Europe (3500 km)

La Volga entre Togliatti et Samra

Un embarcadère pour rejoindre Togliatti ou Samara non loin de Sharayeva, le village du peintre Repin

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le fameux tableau de Repin : Les haleurs de la Volga




La Volga à Togliatti, 15 km de large ! En face, les monts Jigouli


La plage à Togliatti

La plage à Samara, en plein centre ville !

Samara : il suffit de traverser le fleuve pour se retrouver en pleine nature.

La Volga occupe une place fondamentale dans l'imaginaire russe. Elle est, entre autres, le lieu des exploits de Stepan Razin (1630-1671), le Cosaque pirate pilleur massacreur libérateur des paysans !


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S

samedi 6 août 2016

Montaigne, la datcha, les terroristes et les choux

Depuis début juillet en Russie, j'alterne les séjours à la datcha et les séjours en ville.

A chaque retour en ville, je retrouve internet et les informations et chaque fois c'est la même chose : un terroriste fanatique musulman a tué à la hache, au couteau, au camion...

Alors je retourne vite à la datcha avec mon épouse, ma petite fille (et parfois aussi "Baboule", ma belle-mère!) sans radio, sans télé, sans nouvelles et sans mauvaises nouvelles.

Je cueille quelques framboises, quelques fraises, et je feuillette quelques pages de Montaigne qui m'accompagne cet été.



Mes pensées flottent et vont des tomates rouges qui mûrissent dans la serre aux malheureuses victimes dont les corps pourrissent déjà sous terre,

Un chien aboie, l'eau clapote dans le petit bassin, le voisin met Radio Datcha à plein volume, et ma fille pousse un cri de joie en voyant les énormes choux qui poussent dans le modeste jardin-potager.




La page lue de Montaigne croise alors l'instant vécu

"Je veux que la mort me trouve en train de planter mes choux, mais insoucieux d'elle et encore plus de mon jardin inachevé."
Essais I, 20

Mais pour l'instant, c'est la vie qui me trouve en train de déguster de délicieuses cerises et d'en faire des confitures !


mardi 5 juillet 2016

Istanbul, le jour d'après

La pluie tombe doucement sur la piste d’Atatürk d’où les avions décollent toutes les deux minutes. Comme avant. En prenant leur élan laborieux sur la piste trempée,  ils soulèvent une vague, un sillage, une éclaboussure blanche qui les rend semblables à des cygnes alourdis peinant à s’arracher à l’onde. Comme avant, sous les fenêtres de l'aéroport, les bus de passagers, les trains de bagages, les gyrophares, les camions citernes, les voitures de service, les mini-bus équipages, se croisent, se frôlent, se suivent, s’évitent mais ne se percutent pas. Comme avant. Rien n’a changé à Atatürk. Le vent chasse les nuages, la mer fait disparaître les empreintes dans le sable, et, ici, le flot des avions et des voyageurs  a déjà effacé le sang frais des 44 victimes assassinées il y a un jour à peine.

*

Le duty-free vend ses produits, là, à 3 mètres et 1500 minutes de la zone d’explosion de la bombe.

*

Les impacts de balles sont manifestement moins intéressants que les bouteilles d’alcool, les parfums, les montres, les bijoux.

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Les Belges ont mis trois semaines avant de rouvrir leur aéroport, les Turcs trois heures. Nous autres, Européens, sommes devenus trop sensibles, trop larmoyants.


*

La terrasse que j’avais repérée dans mes notes précédentes pour être à l’abri en cas d’attaque a été épargnée.C’était donc un bon choix. Mais pas si bon que ça puisque l’explosion a eu lieu à 80 pas à peine.

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Roulette russe planétaire, Pari Morbide Universel financé par l’Etat - islamique au Levant.
Frissons garantis.
Une chance sur six - sur six millions - de gagner un ticket pour l’au-delà.

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Passagers de passage qui passent qui passeront passagers pas sages qui ont passé ont dépassé ont des pas qui sont passés qui sont dépassés qui n’ont pas assez passé pas assez âgés ces passagers de passage c’est pas ça ces pas ces appâts c’est pas sage ah ces passagers de passage qui passent qui sont passés qui ne passeront plus qui ont trépassé qui ne trépasseront plus. Que Dieu ait leur âme.




dimanche 26 juin 2016

L'Union Européenne ou l'URSS du 21ème siècle

Quand on voit les gesticulations de Hollande, l'indifférence de Merkel et l'agressivité de Bruxelles, on comprend que l'UE n'a aucune chance de trouver un second souffle. Irréformable, elle ne peut que s'écrouler plus ou moins vite.

L'Europe, nous disait-on, c'est la paix, c'est la prospérité, c'est la stabilité : quelle triste blague.

Les conflits en Bosnie puis en Ukraine nous ont montré que l'Europe c'est la guerre.
La crise grecque nous montre que l'Europe c'est la misère.
La crise des migrants nous montre que l'Europe c'est le chaos.
Et la crise britannique nous montre que l'Europe c'est fini !

Et une fois de plus, la grande erreur de l'humanité - dénoncée par Nietzsche dans son Crépuscule des Idoles - se reproduit : confondre la cause et la conséquence.
Ce n'est pas parce que les peuples sont bêtes et méchants qu'ils veulent quitter l'Europe, c'est parce que l'Europe est bête et méchante que les peuples la quittent.

Vidéo savoureuse d'un homme qui a vécu dans notre futur, et ça n'a pas marché !





dimanche 19 juin 2016

HELLY LUV, la Shakira kurde

Shakira, Beyoncé ou Olympe de Gouges,  je ne sais pas trop !

Ce n'est pas forcément ma musique préférée mais le clip de sa chanson RISK IT ALL permet de découvrir le paysage urbain d'Erbil avec sa citadelle, les tenues traditionnelles kurdes et le déhanchement relativement intéressant de cette Finlandaise d'origine kurde qui s'appelle en vérité Helan Abdulla.




Derrière les apparences d'une bimbo orientale, se cache en fait une femme engagée contre DAECH et pour les PESHMERGAS.

Ayant vécu - à cause de la guerre Iran-Irak - les premiers mois de sa vie dans des camps de réfugiés, elle se sent aujourd'hui particulièrement touchée par le sort des réfugiés syriens présents par dizaines de milliers au Kurdistan.

"Je me souviens juste que ma mère disait qu'il faisait toujours froid. Nous avions toujours faim. Tout était mouillé. Tout était sale"

"C'est tellement dur de tout perdre d'un seul coup et il n'y a pas grand chose que je puisse dire pour que les familles réfugiées se sentent mieux. Mais ce que je promets c'est de ne jamais me taire. Je vais parler de la douleur du Kurdistan et des gens qui souffrent. Je vais agir. Je ne serai jamais silencieuse."




Au Kurdistan, la plupart des femmes sont voilées et à la maison : ce qui explique que certains Kurdes l'acclament et que d'autres la maudissent.

Elle a reçu de nombreuses menaces de mort. D'abord effrayée, elle a finalement réagi et s'est fait tatouer sur son épaule gauche "NASRI" en kurde, ce qui veut dire "SANS PEUR" !

" Les gens ont parfois peur de parler fort, de prendre des risques et de briser les règles. Je crois à la liberté et aux droits des femmes."


Bonne écoute sur RADIO PESHMERGA !


samedi 18 juin 2016

la plus belle des sourates !


- Je n'arrive plus à bouger, Corto... Je suis fichu... Récite-moi la sourate "L'aube naissante"... et puis couvre-moi le visage selon la coutume bédouine...

- La sourate de "l'aube naissante" ?... Au nom d'Allah le Miséricordieux.
1. Bienheureux El Oxford qui va commencer une nouvelle vie pleine de jolies femmes et de vin.
2. Il ne faudra plus observer la Loi... ni les Saintes Ecritures.

- Ah !... Corto. Corto... maudit farceur... une sourate aussi belle n'existe pas...

Hugo Pratt, Les Ethiopiques
ultime dialogue entre El Oxford et Corto

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jeudi 16 juin 2016

De la famille comme seule instance authentiquement révolutionnaire

Jésus a dit aux apôtres : « Vous, donnez-leur quelque chose à manger. » C'est de cette manière que l’Évangile formule le principe de subsidiarité. Jésus n'a jamais dit : « Allez demander à César d'organiser un système d'assistance sociale impériale et d'assurer la justice sociale. » 

La famille est la première et la meilleure institution de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Si nous voulons aider les gens à sortir de la pauvreté, nous devons commencer par défendre la famille – et la moralité chrétienne, parce que la charité catholique ne peut pas être séparée de l'évangélisation. 

Nous ne pouvons pas défendre la vie et la famille en même temps que nous demandons un rôle accru pour le gouvernement dans la société, ou la création d'un gouvernement mondial.

jeudi 9 juin 2016

Un détail de l'histoire

Il y a quelques mois, dans un post intitulé LE PESMERGHA DU DIABLE, je m'étonnais de la présence de cartes postales d'Hitler dans de nombreuses boutiques du centre ville de Slemayni, la capitale culturelle du Kurdistan d'Irak.

Je fus surpris aussi de voir des petits kurdes jouer aux soldats dans les rues d'Erbil avec de grosses croix gammées coloriées sur leurs bras.

Tels pères, tels fils ? c'est du moins ce que je me demande aujourd'hui après avoir vu - en plein centre ville, au pied de la citadelle, près du bazar et du siège du gouvernorat - ce que j'ai vu...






Je me suis d'abord dit que quelqu'un de mal intentionné avait peu-être collé cette croix nazie sur le pare-brise arrière - mais le pendentif intérieur a vite rendu caduc cette hypothèse.




Le propriétaire est soit un gros con, soit un gros connard 
mais dans les deux cas ce qui est inquiétant c'est...




... qu'il est membre du Parti Démocrate Kurde, le PDK, 
le parti du président Barzani actuellement au pouvoir au Kurdistan d'Irak.

Et moi qui, naïf, croyais que les nazis étaient dans les rangs de DAECH