jeudi 12 janvier 2017

POGRIP, le 5ème élément

La vie quotidienne russe s’organise autour de cinq pôles majeurs : DOM, DATCHA, MACHINA, GARAJ, POGRIP : le logement, la datcha, la voiture, le garage et le POGRIP (je maintiens le suspens et je ne traduirai le mot que plus loin).

DOM : Bien avoir à l’esprit que trois générations habitent très souvent sous le même toit. Ce qui paraît une aberration en France digne d’un scénario à la Tanguy est la norme pour un grand-nombre de familles russes. BABOULA, la grand-mère, habite avec un de ses enfants (le grand-père, lui, est mort  depuis longtemps : il y a  un grand-père pour dix grands-mères) son conjoint, et les petits enfants.

Précision, à la chute de l’URSS, les appartements ont été légalement divisés en parts : la grand-mère aura une part, la (ou les) fille (s) ou fils une part, le petit-fils ou la petite-fille une autre part.

De nombreuses familles habitent encore dans des appartements collectifs. La cuisine et la salle de bain sont partagées. La famille (les parents et un ou deux enfants) habite dans une seule pièce de 12-20 m2.

L’accès à la propriété – difficile - est parfois facilité par la forte mortalité masculine : je connais ainsi plusieurs personnes qui ont hérité d’un appartement à la mort d’un frère à 50 ans (la vodka et la route sont de terribles fossoyeurs)




DATCHA : J’ai déjà parlé de la datcha – ce terrain à la campagne avec ou sans petite maison – qui permet de cultiver des fruits, des  légumes ou de se détendre.





MACHINA : la voiture –le culte du vélo, de la trottinette et de la marche à pied n’est pas encore vraiment implanté en Russie. Avoir une voiture reste l’objectif de beaucoup. Il y a encore beaucoup de LADA mais les RENAULT, KIA, HYUNDAI, SCHKODA, pour ne citer que les modèles les plus économiques, sont bien implantés.




LE GARAGE : Ceux qui ont une voiture ont souvent un garage, pour stocker les pneus d’hiver ou d’été, les changer, et entreposer tout ce qui peut l’être.  Les hommes y bricolent tranquillement, en sirotant une bière et écoutant la radio.


Enfin, le POGRIP,



La cave ou plutôt la caverne d’Ali BABA...



 ...qui permet de stocker et de conserver les carottes, les pommes de terre, les oignons ou l’ail mais aussi tous les bocaux et conserves faits pendant l’été dans la datcha.










     


Sans le pogrip pas de datcha, sans la datcha pas de Russie, sans la Russie... 
bref, le pogrip est nécessaire à l'équilibre du monde !

jeudi 5 janvier 2017

les doutes du marin russe

Après le contrôle de sécurité de l'aéroport de Samara-Kurumoch, deux portes : à droite, les vols internationaux ; à gauche, les vols domestiques.

Un jeune militaire russe, en tenue de marin, hésite : il se rend à Simferopol en Crimée et me demande, s'il doit prendre la porte de droite ou celle de gauche...

Je lui réponds : Крым Bаша, да или нет (La Crimée est à vous, oui ou non ?)

Après une petite seconde d'hésitation, il me dit : Я так думаю (je crois que oui)

Je lui montre alors la porte de gauche.

jeudi 22 décembre 2016

Il y a de la poudre, il y a du feu

Avant de m'envoler pour des vacances de Noël en Russie, je replonge dans mes classiques, VICTOR TSOI, bien-sûr, dont j'avais déjà passé KUKUCHKA sur RADIO DATCHA.

Je suis tombé ce soir sur cette reprise de KUKUCHKA par une jeune fille de 12 ans.

C'est beau et monstrueux à la fois, comme les enfants prêcheurs du Brésil, comme Zombie des CRANBERRIES, vot tak...




Bonne écoute sur RADIO DATCHA !

BACHARADE


J'ai 3500 ans
Je suis carré, rugueux
Je flotte
Je me conserve de longues années
Je suis vert à l'intérieur 
Plutôt marron à l'extérieur



Je suis fait d'huile d'olive
 d'huile de baies
 de feuilles de laurier
 d'eau et de soude


Je suis présent dans tous les bazars
 du Proche et du Moyen Orient
Je porte le sceau de mon créateur
Je fais le délice de mon utilisateur


On m'imite
 on me copie
 on me trafique
On me bombarde
On me mitraille


Je suis...







le savon d'ALEP...














lundi 19 décembre 2016

Conflit en Syrie : synthèse fondamentale

taleb-tableau

Je vous invite à lire l'article complet de Nassim Taleb sur LES CRISES.

Les interviews de l’archevêque d'Alep sont aussi absolument capitales : par ici.




samedi 17 décembre 2016

ABALANDE ABABAMA

L'un s'agite en accusant la Russie d'une attaque informatique responsable de l'élection de Trump, l'autre conteste en éteignant la lumière de la Tour Eiffel...

Deux pauvres loosers en fin de chargeur, à bout de course à bout de souffle, qui revendiquent et qui protestent.

Pitoyables.

On rêverait de les mettre dans un des ces convois d'Alep-Est... qu'ils aillent enfin rejoindre les fiefs des terroristes d'AL NOSRA qu'ils ont armés sans modération pour détruire la Syrie.





Le judoka POUTINE  les a mis à terre
Ils ne se relèveront pas.




mercredi 14 décembre 2016

les ennemis de mes ennemis sont

mes amis ?

Les médias ont tellement critiqué le bourreau Bachar et sa monstrueuse offensive sur Alep qu'ils semblent presque se réjouir de la reprise de Palmyre par l'Etat islamique...

dimanche 11 décembre 2016

misère de la politique

Schopenhauer disait de la vie qu'elle était un pendule, oscillant de l'ennui à la souffrance.

Primaires de droite : ennui sidérant VS débats de "dissidents" : souffrance saignante.





Cette vidéo, publiée il y a quelques jours sur le net, sera l'occasion, pour ceux qui ne les connaissent pas, de découvrir dans toute leur beauté, SORAL - l'antisémite obsessionnel - DIEUDONNE - le remigrationniste africain -  et CONVERSANO - l'occidentaliste blanc.

Des clowns dangereux, mais le spectacle est beau.

Enfin, voilà la preuve qu'il ne faut pas de frein à la liberté d'expression :  censurer Soral, Dieudonné ou Conversano, c'est leur offrir la possibilité de se draper dans le rôle du penseur qui dérange, du résistant persécuté, du Voltaire embastillé.

Laissez-les donc parler, laissez-les donc s'enfoncer dans leur vase...

Le niveau zéro sera vite atteint.

samedi 3 décembre 2016

Les BIMBOS russes ont le sens de l'humour !

Un clip rigolo - surtout si on peut lire les "légendes" en russe des photos - réalisé par Anfisa et Katia, deux de mes anciennes élèves de l'Alliance française de Togliatti.

Quelques courbes, un peu de botox et une bonne dose d'autodérision.

Et en arrière fond discret, TOGLIATTI la belle !




Bonne écoute sur RADIO DATCHA !


samedi 26 novembre 2016

éloge de la dhimma dans les nouveaux programmes

Précepteur au Kurdistan d'Irak pour quelques enfants russes scolarisés dans une école française, j'ai découvert ces jours-ci le fichier d'histoire 5ème du CNED (centre national d'éducation à distance) qui applique les nouveaux programmes.

La deuxième unité est entièrement consacrée à l'islam.
- séance 1 : Les conquêtes arabes
- séance 2 : La ville musulmane, symbole d'une nouvelle civilisation
- séance 3 : L'islam, une religion codificatrice.

Le premier texte de la première séance donne le ton, c'est un long éloge de la dhimma - l'impôt que les non-musulmans doivent payer pour continuer d'exister dans l'ouma.

La conquête de la Palestine près de la rivière de Yarmouk en 636, d'après Al-Balâdhurî, Histoire des conquêtes musulmanes, vers 892.

"Quand Héraclius (1) massa ses troupes contre les musulmans et que les musulmans apprirent qu'elles avançaient pour le renverser au Yarmouk, les musulmans rendirent aux habitants de Hims (2) l'impôt qu'ils avaient reçu d'eux, en disant : Nous sommes trop occupés pour vous secourir et vous protéger ; veillez à votre propre sécurité.
Mais la population de Hims répliqua : Nous préférons de beaucoup votre domination et votre justice à l'état d'oppression et de tyrannie dans lequel nous vivions. Certes l'armée d'Héraclius, avec l'aide de votre gouverneur, nous la repousserons de la ville. Les juifs se levèrent et dirent : Nous jurons sur la Torah qu'aucun gouverneur d'Héraclius n'entrera dans la ville de Hims à moins que nous soyons d'abord vaincus et épuisés ! Sur ces mots, ils fermèrent les portes de la ville et y montèrent la garde. Les habitants des autres villes, Chrétiens et Juifs, qui avaient capitulés entre les mains des Musulmans agirent de la même manière, disant : Si Héraclius et ses sectateurs l'emportaient sur les Musulmans, nous retournerions à notre ancienne condition ; autrement, nous garderons notre situation présente aussi longtemps que domineront les Musulmans.
Quand avec l'aide d'Allah, les infidèles furent défaits et les Musulmans victorieux, ils ouvrirent les portes de leur ville, sortirent avec les chanteurs et les musiciens qui commencèrent à jouer et payèrent l'impôt foncier."

(1) Empereur byzantin qui régna de 610 à 641.
(2) Hims, une des principales villes de Syrie.

Le deuxième texte, continue dans le même sens :

"Voici la garantie que le calife Omar (1) accorde aux habitants de Jérusalem. A tous, sans distinction, qu'ils soient bien ou mal disposés, il garantit la sécurité pour eux-mêmes, leurs possessions, leurs églises, leurs croix et tout ce qui concerne leur culte. Leurs églises ne seront pas transformées en habitations, ni ne seront détruites. Ils ne seront pas contraints en matière de religion et personne d'entre eux n'aura la moindre vexation à craindre. Il prend Dieu pour témoin. Il ne leur sera fait aucun mal, à condition qu'ils paient un impôt."


D'après Al-Taban, Chronique, VIIIe siècle

(1) Calife Omar : Calife de 634 à 644, maître de la Palestine conquise.


Que certains conquérants musulmans aient fait preuve d'une certaine tolérance avec les populations conquises, je ne le nie pas et même je m'en réjouis - car il est toujours souhaitable que la cruauté et la souffrance soient évitées (et les remarques sur ce blog de Mahmoud Lakama à propos de la brutalité de la reconquête espagnole et des conversions forcées méritent d'être rappelées).

Non, ce que je reproche à ce fichier CNED, c'est le choix précisément de ces deux textes qui font finalement des conquêtes arabes de véritables guerres de libération et d'extension du bonheur terrestre. L'islam religion d'amour et de tolérance, voilà le message simpliste - alors qu'à mon sens la question est un peu plus complexe. A moins d'affirmer que l'Etat islamique - dont on découvre en ce moment et  quotidiennement les charniers yésidis à 50 kilomètres d'Erbil - n'a absolument rien, mais rien à voir du tout avec l'islam.

Imaginons un peu les hurlements d'universitaires de gauche, si les programmes scolaires contenaient un éloge de la colonisation européenne.

Bref, je vois dans ces programmes un symptôme supplémentaire de l'époque: non pas l'amour de l'autre mais la haine de soi.