samedi 23 août 2014

RADIO DATCHA : VICTOR TSOI Пачка сигарет


Victor Tsoï, chanteur russe d'origine coréenne et fondateur du groupe KINO, est un des très grands noms du rock russe. 

Mort trop jeune jeune en 1990 dans un accident de la route, sa chanson PAQUET DE CIGARETTES dit, en gros, que si tu peux fumer une cigarette dans la journée, alors ta journée n'est pas complètement foutue ! 



 



Sur le même thème de la cigarette salvatrice, écoutez aussi l'excellente chanson  BORN AS A CANCER du groupe JACK THE RIPPER !






Bonne écoute sur Radio Datcha !



mercredi 20 août 2014

VOYAGER AVEC HUGO PRATT, ENCORE ET TOUJOURS !


Serais-je aujourd’hui en Russie, à Togliatti-sur-Volga, dans l’oblast de Samara, à quelques centaines de kilomètres du Kazakhstan et du Tatarstan, si je n’avais jamais lu Corto Maltese en Sibérie, La Maison dorée de Samarkand ou l’Homme des Caraïbes d’Hugo PRATT ?
Je ne le crois pas.

Corto Maltese en Sibérie avec une charmante duchesse !


En ce jour anniversaire de sa mort – le 20 août 1995 -  je voudrais lui rendre un petit hommage, ou plus simplement, lui dire, avec Corto Maltese, Raspoutine, Bouche Dorée, Cassandre, Jesuit Joe, Steiner, Koïnsky, Lévi-Colombia, Cush, le baron Von Ungern, Stella, Pandora, Esmeralda, Shaïtan ou Merlin, un grand MERCI !

Hugo PRATT


MERCI de nous avoir appris que l’étonnement prime sur le jugement !

MERCI de nous avoir montré que le monde était vaste et beau !

MERCI de nous avoir donné le goût du voyage et de l’aventure !


Quelques petites citations relatives au voyage qui, j'espère, vous donneront envie de boucler votre sac et de prendre le large !


La vie quotidienne était une soupe nourrissante mais un peu fade.
Jesuit Joe


Dire qu’il y a des gens qui croient que le bonheur se vit assis et qui se dépêchent de s’asseoir, morts-vivants, qui plein d’espoir, sont bercés par l’idée d’enfin se coucher.
Jesuit Joe


Je pense que l’aventure est une composante très belle de la nature humaine.(…) Ce n’est pas en restant à la maison que l’on peut se mesurer avec la vie.
L’univers de Hugo PRAT


Une expérience vaut toujours la peine d’être vécue… même si elle est dangereuse.
Corto toujours un peu plus loin


Pour moi, un voyage est une recherche déclenchée par une lecture. Si je vais aux sources du Nil, ce sera avec en moi le roman de Rider Haggard ou les récits des explorations de Speke et Burton. Ce seraient eux mes guides touristiques. Ma définition du voyage idéal, c’est Schliemann allant à Hissarlik pour y retrouver le site de Troie.
Le désir d’être inutile


C’est vrai que j’aime aller sur les tombes : à Rome, j’ai vu celle de Shelley ou de Trelawny, à Venise celle de Diaghilev ou du baron Corvo. Il ne faut cependant pas m’imaginer en nécrophile ou en nécrophore. Quand je vais sur une tombe, c’est pour rendre hommage à quelqu’un qui a été important pour moi, c’est une sorte de pèlerinage, un pèlerinage laïc. J’ai une grande dette vis-à-vis de certaines personnes qui, par leur vie, leur œuvre, m’ont fait tel que je suis aujourd’hui. Beaucoup d’autres que moi sont en moi, et aller sur leur tombe est un acte symbolique par lequel je veux témoigner de ma gratitude pour ce qu’ils m’ont apporté.
Le désir d’être inutile


Ah Corto, Corto, tu rêves encore de vastes mers où courent doucement tes mélancolies ou tes mensonges. Tu poursuis encore ta fable ! Tu n’es qu’un pauvre fou !
Corto Maltese en Sibérie


-         Alors, joli marin, tu pars ?
-      Je suis bien obligé… je ne suis pas de ceux qui prennent racine !
Sous le signe du Capricorne


-       Je ne distingue plus le rêve et la réalité.
-       Ce sont deux voies parallèles, pourquoi se limiter à une seule ?




lundi 18 août 2014

3 petits poèmes de FRED GRIOT


Tous les poètes ne sons pas morts, la preuve par 3 avec Fred Griot qui était de passage à Togliatti il y a quelques mois !





ce brut là

c'est de la matière commune
c'est écrit avec ça c'est écrit avec elle c'est la vie banale complètement c'est pas
fait avec autre chose c'est agencé comme elle c'est pas agencé ça tombe comme
ça même pas dirigé à peine dirigé un peu à peine
c'est de la matière commune
de la matière commune imprévisible inattendue avec la même matière qui
contient tout

je n'accepte de porter que mon travail d'une matière de lang ce travail d'une
terre, organique, basale, rustre, racine.

je ne veux bien porter charge que pour ce brut là de lang creuse. de ce creuse
de lang dans le creuse du corps.


corhs parle 

juste écouter outé just voir
juste écouter just voir

l'homme sans peu de parol sasn trop de parol sans plus de parol - l'homme
dépecé de sa parol enroulé de sa parol - l'homme barbouillé de lang barbouillée
bouilllée bouillu bouilli barbouillassé bouillabaissé barbouillabaissé baisé baisé -
l'homme baisé l'homme perdu perdu dans sa parol l'homme sans ka sans qualité
sans ko sans corps sans espèce - l'homme sans plus sans plus de l'homme sans 
plus de parol sans plus de trop parol sans plus de - trop plein barbouillé et tout
nu sans
plus de mot tout nu sans plus
corhs parl alors corhs parl


encore

là encore
crâne seul
dans le noir pas possible
du corps au-dessous courant

après rien
plu

maintenant laissant aller tout l'insatisfiable

quan dehors le dedan vient dehors
dehors et reflux

là encore
marche seul
dans la lumière pas possible
du pas
du pas à pas
du pas à pas longtemps
du pas à pas en plein vent

on ne peut que
dans le noir de l'orage et de la nuit
aller coulant nulle part

quan
dan 
vers

quan
dan

quan
dan
oui

parce que
c'est tou
oui

pas plus

encore trop

mais de mes yeux tout le reste imaginé vu impossible autrement



Alors vous aimez ? En tout cas, ça change des fables de La Fontaine ! 
Voici ce que j'appelle une écriture TOGLIATTIQUE, 
voilà l'authentique poésie TOGLIATTIENNE !


pour approfondir www.fgriot.net




TOGLIATTI, JE T'AIME ET C'EST INEXPLICABLE !


Il y a quelques mois, j'ai eu le plaisir de prendre une bière avec FRED GRIOT, www.fgriot.net, un poète invité par l'Alliance française de Togliatti.
C'était en avril, quand la neige fond et laisse place à la boue et à la poussière.
En avril - avant le grand nettoyage du Printemps - quand les seules feuilles des arbres sont des sacs plastiques déchirés et délavés. 

En avril, quand les seules fleurs qui ornent le béton sont d'humides paquets de cigarettes écrasés et des cadavres vides de bouteilles de bière tordues.
Manifestement, Togliatti a été un choc pour le poète qui, contrairement à moi, n'y a pas vu UN NOUVEAU VERSAILLES mais plutôt un monde tout droit sorti de l'imagination fabuleuse d'ENKI BILAL !

Je reproduis ici de larges extraits de son blog, avec quelques photos.

me 09.04.14
Москва. Самара (Samara). Тольятти (Togliatti).
et puis 1 100 km plus loin, plus au sud, la Volga surgit soudain en partie gelée. elle approche, ici, les 15 km de large.



Togliatti et la Volga, photo de FRED GRIOT

commence alors l’autoroute défoncée, la poussière… le vertigineux défilement de ce que je n’avais jamais vu… et c’est 1 heure et 30 minutes d’ornières et de nids de poules où il faut avoir quelque expérience de ce bitume torturé, éclaté par le froid, le chaud, à peine rustiné par l’entretien rudimentaire.
et l’on file et raie l’espace des forêts, du pays plat, de la terre noire, encore, encore, encore…
et l’arrivée…
Togliatti Togliatti…
poème de la poussière.
je continue de me prendre dans la tronche toute l'immense vague de la continentalité russe, terrienne, et p… c’est bon, c’est dingue.
c’est de cette profondeur que doit être générée, engendrée ce que l’on appelle son « âme ». née, conséquence, effloraison de cette terre sans fin, sans fond, noire.
la ville couverte de boue de neige, les usines, les steppes, c'est du Enki Bilal dans les grandes largeurs. ça ressemble plus à des vacances au « Stalker club » qu’au « Club Med », et j’aime ça.



La ville couverte de boue, de neige. Photo de GROG

Togliatti toute plate, et ses trois districts, n’a pas de centre… c’est une étendue, juste une étendue de béton, de bitume et de terre… elle a longtemps été la plus grande usine automobile du monde (AvtoVaz - Lada) avec ses 160 000 ouvriers. d’un village de 6 000 habitants, submergé par le barrage dans les années 50, elle est passée à une ville de 800 000 âmes.
« un désert vivant » dira ma fille en découvrant les photos.


les cheminées crachant noires, les usines noires, et cette terre toujours, sur les trottoirs, c’est tout un monde, presque une icône, post industriel, post soviétique, qui semble surnager. 

sieste éclair… puis musée en plein air de l’armée, le musée de la grande faucheuse : hélicos hors mesures, chars, migs, missiles, sous-marins nucléaires… toute la fabuleuse ingéniosité malheureuse, monstrueuse. chaque machine a sa fonction, précise, spécialisée, terrifiante, mortifère, avec cette « esthétique », ce design si particulier aux soviets.




Togliatti, le musée de la guerre, photo de FRED GRIOT

taxi, et ce sont à nouveau les avenues défoncées, géantes, les ronds-points défoncés, géants, les blocs d’immeubles immenses, gris, fatigués, géants.

Les blocs d'immeubles immenses. Photo de GROG.


(...) on rentre à l’hôtel, mange avec quelques français rencontrés là par hasard, précepteurs dans quelques grandes familles du coin.
je fais mon sac du lendemain, me couche, tout ça résonne, résonne, résonne encore longtemps dans la nuit de Togliatti… 
je 10.04.14
Тольятти. Самара
quitter Togliatti 
la petite Elena que je ne reverrai jamais
sans doute
Elena dans sa ville
son monde de naissance
dont elle est si peu sortie
comme la plupart ici
Togliatti le poème fabuleux de la grande poussière
quitter Togliatti 
Togliatti je t’aime et c’est inexplicable



Chers lecteurs, vous connaissez peut-être Paris, Londres, New-York, Shangaï, Moscou, Tokyo, Madrid, Rome... mais TOGLIATTI, C'EST AUTRE CHOSE !!!




vendredi 15 août 2014

LE VICOMTE PARLE !


On assiste à une formidable inversion historique : jusqu'à la chute du Mur, nous avions le monde libre contre les Soviétiques et l'Internationale communiste ; désormais, on a le monde libre – défendu par Poutine contre les Américains et l'Internationale globaliste. Que reproche-t-on à Poutine ? De ne pas vouloir des Femen et de l'OTAN ? Comme on le comprend !

Philippe de Villiers
entretien au Figaro magazine du 8 août 2014






NUAGES SUR TOGLIATTI


Ciel bleu et nuages blancs sur Togliatti-la-verte.


"Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !" 




Charles Baudelaire, L'Etranger - Le Spleen de Paris (1862)



lundi 11 août 2014

SAINTE RUSSIE : RASPOUTINE, LE FOU DE DIEU !


 « Pour se rapprocher de Dieu, il faut beaucoup pécher », déclarait Raspoutine.

C’est avec cette phrase choc, cette phrase scandale, cette phrase paradoxale, que j’inaugure cette rubrique SAINTE RUSSIE consacrée au phénomène religieux en Russie.



Raspoutine - le moine errant de Sibérie, le guérisseur-magnétiseur capable d’arrêter par la prière ou par l’imposition de ses mains les hémorragies du tsarévitch hémophile, l’homme au regard hypnotique, le buveur impénitent, le coucheur invétéré – Raspoutine, donc, ne quittait jamais la sainte croix en or que la tsarine Alexandra lui avait offerte. Pourquoi ? 
Car lui le débauché de Saint Pétersbourg savait bien que seule la croix permet d’échapper à la damnation qui guette celui qui se croit naïvement innocent, il savait bien que seule la croyance en la croix sauve.



« Le péché, ajoutait-il, nous est donné pour que nous puissions nous repentir, c'est la joie pour l'âme, la force pour le corps, tu comprends ? Sans péché, il n'y a pas de vie, parce qu'il n'y a pas de repentir, il n'y a pas de joie. »

Par-delà le paradoxe et la provocation évidente de la formule, il y a une vérité : l’homme fait le mal, l'homme est pécheur. 

Ce n’est pas pour rien que chaque messe commence par le Confiteor.

Je confesse à Dieu Tout Puissant
Je reconnais devant mes frères
Que j’ai péché
En pensée, en parole, par action et par omission
Oui, j’ai vraiment péché
C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute.
C’est pourquoi je supplie la vierge Marie, les anges et tous les Saints,
Et vous aussi mes frères,
De prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

Ce texte est un formidable hymne à la liberté. Non, ce n’est pas la faute des autres, ni du système, ni du voisin, c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute, car je suis libre, vraiment libre, absolument libre. 

Et cette liberté – en Dieu et avec Dieu – que peut-elle être d’autre sinon cette « joie », « радость » en russe, dont parle le staretz Raspoutine ?



Pour finir, comme un écho à la folie russe de Raspoutine – une pensée de Nicolas Gomes Davila, le Colombien magnifique, auteur d’un des seuls livres de philosophie du XXème siècle qui vaille, Le Réactionnaire authentique.

« Le voleur qui se signe avant de commettre son forfait indigne le puritain. Moi, je reconnais en lui un frère. »

Raspoutine, notre frère à tous...


samedi 9 août 2014

RUSSIAN TANKS CROSSING THE UKRANIAN BORDER ! DES TANKS RUSSES FRANCHISSENT LA FRONTIERE UKRAINIENNE !


This amazing NATO video clearly shows "unmarked" nuclear russian tanks T-34 crossing the ukranian border.

Cette vidéo époustouflante de l'OTAN montre clairement des tanks nucléaires russes T-34 "banalisés" en train de franchir la frontière pour envahir l'Ukraine.




One proof more against the ugly Russians !

Une preuve de plus contre les affreux Russes !



Bon, plus sérieusement, si vous voulez vous faire un idée sur ce qui se passe vraiment en Ukraine, il y a un site de référence, et c'est celui d'Olivier Berruyer, dont voici le lien 

www.les-crises.fr



jeudi 7 août 2014

LE LIVRE IMPROBABLE : LES 39 MARCHES de Buchan



Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver sans absolument rien à faire ni rien à lire dans un endroit perdu ? Par exemple, chez la tante Berthe en Creuse, ou dans un hôtel bas de gamme en Moldavie ou au Havre ? 
Mais là, oh surprise - alors que vous étiez presque prêt à jouer aux cartes avec le petit cousin Jean ou à vous coucher de bonne heure - vous tombez sur un livre, ou plutôt un livre vous tombe dessus.

Vous ne connaissez ni l'auteur, ni le titre, vous feuilletez l'ouvrage, les premières lignes sont plutôt accrocheuses, et vous vous dites pourquoi pas !

Ce livre - souvent poussiéreux et abîmé - que vous n’auriez jamais acheté, que vous n’auriez jamais pensé lire, et que pourtant vous lisez, parce qu’il n’y a rien d’autre...
Ce livre surprise qui, vues les circonstances et faute de mieux, s’impose à vous,  ce livre que vous lisez et que finalement vous aimez, je l’appelle le livre improbable.

Ici à Togliatti - oblast de Samara, Russie - les cartons de l’Alliance Française regorgent de livres improbables. Ma dernière trouvaille : une édition de poche de 1967 d'un livre écrit en 1915 par un Anglais, un certain John Buchan ! 




La première phrase du livre donne le ton : 
"Quand je sortis de la City, aux environs de trois heures, par cet après-midi de mai, j'étais passablement dégoûté de la vie."

Deux pages plus loin, un voisin étrange fait brutalement irruption dans le salon du narrateur. "Pardon, dit le voisin, je suis un peu nerveux ce soir. Seulement, voilà : en ce moment, je suis mort." 

A la fois polar, thriller et roman d'espionnage, ce livre se lit d'une traite comme cent grammes de vodka.

Les 39 marches a même été adapté en 1935 au grand écran par Hitchcock !




Et vous, chers lecteurs, quels livres improbables avez-vous déjà eu la chance de lire ? Et dans quelles circonstances ?



mardi 5 août 2014

RADIO DATCHA : UCHKUDUK

De la musique avant toute chose
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air
Sans rien en lui qui pèse ou qui prose.
(VERLAINE, Art Poétique)


Pour cette nouvelle rubrique musicale, intitulée RADIO DATCHA, nous allons découvrir la musique russe !

On commence avec VIA YALLA. Il n'est pas russe mais très populaire en Russie. 




UCHKUDUK, pour parodier Verlaine, est une chanson absolument soluble dans l'air, autrement dit : planante !

Quant au look de VIA YALLA... du grand style de la grande époque...

Bonne écoute sur RADIO DATCHA.