lundi 27 octobre 2014

LA PAROLE DU JOUR : POUTINE VU PAR DEPARDIEU !


Poutine, il est comme moi : il arrive de loin, et personne n'aurait misé un sou sur lui quand il était gosse. ça aurait pu très mal tourner pour lui à Leningrad, où il est né et où il est devenu délinquant. Comme moi, je vous dis ! 




Et il a eu de la chance, comme moi ! Il a rencontré des gens qui ont cru en lui. Sobtchak, qui est devenu maire de la ville, mais qui était simplement un prof intelligent qui lui a donné envie de choisir la discipline au lieu des conneries. 

Poutine a eu la vocation de la patrie comme Kalachnikov. Il s'est engagé dans le KGB. Bien sûr, le KGB, c'est un monstre noir, mais tous les services secrets sont des monstres noirs (...)

Poutine est orthodoxe. Il est russe. Et les Russes, parce qu'ils vivent dans cette grande plaine qui va de l'Asie à l'Occident, et où il n'y a pas de montagne pour arrêter le vent, ils n'ont pas d'autre secours que leur dialogue intérieur. 

Poutine, il adore l'Histoire, Napoléon, Danton... 

Je lis que je suis l'ami d'un dictateur... Mais je n'ai jamais été adepte de Staline ou de Hitler...

Interview de Depardieu
 LE POINT du 2 octobre 2014



Publicité de Depardieu pour une marque de cuisine russe à Togliatti.
"Je parle toujours français, j'apprends le russe, je dessine même des cuisines pour une marque russe, des cuisines modulables avec des roulettes."

dimanche 26 octobre 2014

RADIO DATCHA : GET LUCKY par les CHOEURS DE L'ARMEE ROUGE



Un nouveau tube sur RADIO DATCHA pour commencer la semaine en musique !

Get Lucky, chanson en anglais du groupe français DAFT PUNK, par les Choeurs de l'Armée Rouge !

C'était il y a moins d'un an, pour la soirée d'inauguration des J.O de Sotchi en février 2014. 




J'adore cette chanson et pourtant lorsque je l'écoute, je suis pris d'une terrible nostalgie. 
En février 2014, c'était encore "la Belle époque", c'était avant que la guerre n'éclate en Ukraine.

La guerre qui sans cesse renaît de ses cendres "like the legend of the phenix " ?
Et que devons nous faire, nous pauvres Européens, pour sortir du bourbier et "get lucky" ?


Bonne écoute sur RADIO DATCHA !


mercredi 22 octobre 2014

Manifestation pour la libération d’Asia Bibi jeudi 23 octobre à PARIS

Je suis heureux d'être en Russie à Togliatti mais cette semaine je voudrais être à Paris pour pouvoir manifester pour la libération d'ASIA BIBI.

ASIA BIBI

Pour ceux qui ne le savent pas, ASIA BIBI, mère de famille catholique, a été condamnée à la pendaison pour des propos jugés irrespectueux envers Mahomet.


ASIA BIBI et ses filles

Non, non, cet ignoble jugement n'a pas été rendu par les fanatiques de l'Etat Islamique au Levant mais par un Etat musulman officiel "normal", et qui se contente d'appliquer la lumineuse charia, LE PAKISTAN.

Donc, si vous êtes à Paris cette semaine, rendez-vous

à proximité de l’ambassade du Pakistan
 18 rue Lord-Byron
 dans le 8ᵉ arrondissement
jeudi 23 octobre 
à partir de 19H.



dimanche 19 octobre 2014

Comment dit-on "SESAME OUVRE-TOI" en russe ?



"SESAME OUVRE-TOI" en russe se dit




TA

PO

TCHKI



je répète



TAPOTCHKI

тапочки







Petite explication : en Russie, c'est comme au Japon. Une fois la porte franchie (ou la double porte), on se déchausse. 

D'où la présence dans l'entrée, dans tous les foyers russes, d'un chausse-pied.

Qu'on soit chez soi ou invité, c'est pareil. 

On retire ses chaussures, et on met de confortables chaussons : les tapotchki.




La plupart du temps d'ailleurs, on ne se contente pas de retirer ses chaussures, on se change complètement. 

On retire les pantalons poussiéreux, les jupes, les chemises, les chemisiers, les pulls, les vestes, les doudounes glacées ou les parkas enneigées, et on se contente - n'oublions pas que dans les intérieurs russes surchauffés la température est normalement de 25° - d'un bas de survêt, d'un tee-shirt, d'un short, d'un caleçon. 

Chez soi en Russie, c'est ambiance "cocooning", avec pour principal trésor d'Ali Baba, un thé noir fort, chaud et sucré.

Bref, si vous êtes invité chez des Russes, n'oubliez pas d'avoir des chaussettes propres et non trouées. 

Il en va de l'honneur de la France !





jeudi 16 octobre 2014

SAINTE RUSSIE : DEPARDIEU, un pèlerin français en terre russe !

Dans mon dernier article, je parlais des Récits d'un pèlerin russe.

Grande a été ma surprise en lisant l'interview de Depardieu dans le magazine Le Point, daté du 2 octobre 2014.

Jugez plutôt !


Depardieu dans le rôle de Raspoutine !



Le journaliste : ça fait longtemps que vous avez la foi ?

Gérard Depardieu : Depuis mes 14 ans, quand j'ai lu les Récits d'un pèlerin russe. Un mendiant qui traverse la Russie, de monastère en monastère. 

Je marchais dans les rues de Châteauroux et je me répétais "Je vous aime, j'aime la vie". 

Ce que les chrétiens appellent une prière... Moi, je l'appelle plutôt une méditation, une respiration, ce qu'on envoie en l'air quand la vie résonne en vous, et ça revient comme un écho qui vous ouvre la boîte à questions. 

Pour moi, Dieu est là tous les jours, quand je vais voir le canyon de Charyn, au Kasakhstan, ou là, dans la vallée de la Mort. 

Il y a des choses somptueuses où Dieu est présent partout. 

Pas besoin d'église, de mosquée ou d'autre monument. 

"Je t'ai aimée, bien tard, beauté si nouvelle, beauté si ancienne. Mais quoi ! tu étais au-dedans, et moi j'étais au-dehors de moi-même." 

C'est saint Augustin. C'est d'une modernité, tu trouves pas ? 

Comme les Récits d'un pèlerin russe, qui ont été écrits par un mendiant qui marchait.


"Je vous aime ! J'aime la vie !"

jeudi 9 octobre 2014

SAINTE RUSSIE : Récits d'un pèlerin russe !

Aujourd'hui, pour la rubrique SAINTE RUSSIE, l'incipit du Récits d'un pèlerin russe, texte anonyme russe du XIXème siècle.

Qu'on soit croyant ou non, ce texte est - selon moi - un des plus beaux de la littérature occidentale.

Qu'est-ce que l'homme ? 

Un être de manque et de désir - en quête d'absolu.





Par la grâce de Dieu, je suis homme et chrétien, par actions grand pécheur, par état pèlerin sans abri, de la plus basse condition, toujours errant de lieu en lieu.

Pour avoir, j'ai sur le dos un sac avec du pain sec, dans ma blouse la sainte Bible et c'est tout. 

Le vingt-quatrième dimanche après la Trinité, j'entrai à l'église pour y prier pendant l'office ; on lisait l'Epître de l'Apôtre aux Thessaloniciens, au passage dans lequel il est dit : Priez sans cesse

Cette parole pénétra profondément dans mon esprit et je me demandai comment il est possible de prier sans cesse alors que chacun doit s'occuper à de nombreux travaux pour subvenir à sa propre vie. 

Je cherchai dans la Bible et j'y lus de mes yeux exactement ce que j'avais entendu - il faut prier sans cesse, prier par l'esprit en toute occasion, élever en tout lieu des mains suppliantes. 

J'avais beau réfléchir, je ne savais que décider.

Que faire - pensai-je - où trouver quelqu'un qui puisse m'expliquer ces paroles ? 

J'irai par les églises où prêchent des hommes de renom, et, là peut-être, je trouverai ce que je cherche. 

Et je me mis en route.
(traduction de Jean Gauvin)





Un seul petit chagrin à la lecture de ce texte : le fait que l'injonction "Priez sans cesse" soit comme tronquée, comme amputée de son corollaire ou plutôt de sa source : la joie.

Relisez l'Epître aux Thessaloniciens, et vous verrez qu'il est en fait écrit :

"Soyez toujours joyeux, priez sans cesse"


Au lecteur athée qui serait parvenu jusqu'à cette ligne et qui ricanerait, j'offrirai une petite remarque de Nicolas Gomez Davila, le Colombien magnifique :

Ce n'est pas parce que les critiques adressées au christianisme paraissent fondées qu'on cesse de croire, 
c'est parce qu'on cesse de croire que ses critiques paraissent fondées.


En route, mauvaise troupe !


RADIO DATCHA : все будет хорошо !

все будет хорошо !
 en français VSIO BOUDITE ARACHO
et ça veut dire
 TOUT VA BIEN SE PASSER ! 
TOUT VA S'ARRANGER ! 
TOUT IRA BIEN !

Cette chanson  de Верка Сердючка,au rythme tzigane endiablé, est connue de tous les Russes et chantée de Moscou à Vladivostok en toute occasion !

Ouvrez vos oreilles, préparez-vous à danser et à recevoir une bonne dose d'ondes totalement positives.






Bonne écoute sur Radio Datcha !



jeudi 2 octobre 2014

LE 5 OCTOBRE EN RUSSIE, C'EST LA FETE DES PROFESSEURS !


Illustration un peu kitch certes, mais qui dit bien que l'ambiance dans les établissements scolaires russes est plutôt bon enfant

Ce matin en arrivant à l'école, j'ai vu que plein d'élèves russes portaient des fleurs et des boîtes de chocolat. 
Pourquoi ?




Il y avait des ballons de couleurs accrochés partout et des affichettes avec en gros
с празником !
с празником !
с празником !
C'praznikom !




Puis j'ai entendu dans tous les couloirs les élèves crier et chanter
поздравляю !
поздравляю !
поздравляю !
pasdravlayou !




Et des salves d'applaudissements ! 
Pourquoi ?


Mais tout simplement parce que c'est aujourd'hui, dans toute la Russie, la fête des professeurs.





Comme me dit justement un lecteur :

On en rêverait en France !!!



mercredi 1 octobre 2014

VISITE D'UNE ECOLE RUSSE

Précepteur en Russie pour quelques enfants français - qui suivent aussi un cursus scolaire russe - je dispose d'une salle de classe dans la "chkola" 67 de Togliatti : formidable observatoire.

Je vous propose une petite visite de cette "chkola", à la fois école, collège et lycée, et qui compte plus de 600 élèves âgés de 5 à 18 ans.

Je précise - pour y avoir travaillé les années précédentes - que j'ai vu à peu près la même chose dans les écoles 93 et 45. Bref, cette école 67 n'est pas exceptionnelle, c'est une école normale, une école russe comme il en existe des milliers.


La visite commence.

Tout est propre, il y a des plantes partout dans les couloirs et dans  
les salles de classe.




De très nombreuses salles sont équipées de Tableaux Numériques 
Intégrés.

Un buste blanc de Lénine orne le mur de la bibliothèque.



Sur les murs de l’escalier principal trônent les photos des élèves méritants.      



Près de l’entrée, l’hymne russe est affiché en grand.




Dehors, un monument en marbre – régulièrement fleuri par les élèves - honore les morts de la Grande guerre patriotique de 1941-1945, d’Afghanistan 1979-1989, de Tchétchénie 1994-1996, et de Tchétchénie encore.

Le directeur-adjoint est un ancien officier : on sent qu’avec lui les 
choses doivent filer droit.

Le directeur est un colosse à la poigne de fer, avec des tatouages 
sur les phalanges : souvenirs de l’armée.

De nouveau une sonnerie. 

Ici les cours ne durent que 40 minutes puis sont suivis d’une récréation de 20 minutes : alterner des périodes brèves de forte concentration avec de bonnes plages de détente, voilà qui est très intéressant et qui conviendrait parfaitement à nos petits zappeurs français.



Pendant l’intercours, les élèves les plus âgés se postent dans les 
escaliers, dans les couloirs, et s’assurent que tout se passe bien. 

Il n’y a pas de « surveillants attitrés» car les élèves se surveillent eux-mêmes. Les grands veillent sur les plus jeunes.

Une idée simple pour faire l’économie de tous ces catastrophiques emplois jeunes des cités, emplois d’avenir sans futur, qui traînent dans les couloirs, et qui ne servent à rien sinon à faire tourner la machine à café.

Tout le monde porte un uniforme ; une veste, un pantalon ou une jupe, une cravate, un chemise ou un chemisier, des chaussures en cuir, les cheveux obligatoirement courts pour les garçons et attachés pour les filles.




On est bien loin du spectacle désolant des jeans tombants, des sweet-shirts criards et trop grands, des sous-vêtements qui dépassent, des survêtements douteux, et de tout cet avachissement vestimentaire qui est la norme en France et n’est le plus souvent que la manifestation extérieure d’un avachissement moral. 

Ainsi vêtus, tous les enfants sont élégants. La tyrannie du cool et du fric qu’imposent les marques n’existe pas ici.



Il va de soi que la tenue des professeurs – des femmes en majorité - 
est stricte, exemplaire, et qu’elles ne portent – à la différence de 
nombre de leurs homologues françaises atteintes de jeunisme - ni 
jeans, ni baskets, ni piercings, ni tatouages décoratifs à la cheville, à l’épaule ou au creux des reins. 

Les seuls tatouages autorisés sont ceux du service militaire pour les hommes.

Je descends l’escalier qui mène à la cantine sans lever la tête, sans m’inquiéter, car je sais que je ne suis pas en France et qu’il est impossible, ici, de se faire cracher dessus : un de mes collègues de collège de Carrières-sous-Poissy avait oublié de scruter les hauteurs... un beau crachat glaireux anonyme sur sa joue avait hélas sanctionné cette distraction. Et comme la punition collective est interdite dans la République, le crachat était resté impuni. Formidable encouragement.

Je vois des élèves qui passent le balai et la serpillère dans leur classe.

A la cantine, c’est pareil : les élèves eux-mêmes assurent, par roulement, une partie du service.

Une façon efficace pour les responsabiliser.



Ici le travail d’intérêt général n’est pas une punition : il est la norme.

L’intérêt général et le travail ne sont donc pas assimilés à des 
notions abstraites ou punitives mais correspondent à une pratique 
bien concrète qui fait que les élèves respectent les locaux dont ils 
ont, en partie, la charge.





Rousseau nous l'a appris, mais la France l'a oublié...

La liberté la plus grande est le fruit de la rigueur la plus stricte.