mercredi 10 décembre 2014

SIMONE VEIL ET LES VAMPIRES ou Comment tuer un revenant ?

Aujourd'hui un billet consacré aux revenants, et aux meilleurs moyens de les supprimer.
Ames sensibles s'abstenir.
J'appelle "revenant" celui qui est là et qui  pourtant ne devrait pas être là.
Je distingue 4 catégories principales de revenants.

1. Premier type de revenants, les plus effrayants : les vampires.
Le tueur de vampires le plus connu est Van Helsing.
Technique pour supprimer les suceurs de sang : un pieu dans le coeur.



2. Deuxième type de revenants, particulièrement visibles sur les écrans ces temps-ci : les zombies.
L'un des tueurs de zombies le plus expérimenté est Rick dans la série WALKING DEAD.
Technique pour supprimer les "walkers" : leur exploser le cerveau. Concrètement : un coup de poignard dans le crâne, une balle ou une barre entre les yeux, un batte de baseball pour réduire en bouillie la boite crânienne.



3. Les troisièmes types de REVENANTS - imaginés par Francis Gobert et ce tordu génial d'Emmanuel Carrière - ont ceci de particulier qu'il ne s'agit ni de zombies, ni de vampires mais d'individus morts quelques années auparavant et qui reviennent en pleine santé, qui "ressuscitent" purement et simplement et ne savent pas pourquoi.


L'un d'eux, nommé Simon, se prend une balle en plein coeur mais il revient à la vie quelques heures plus tard. Donc, pour ce type de revenants, il va falloir attendre la saison 2, actuellement en tournage, pour savoir s'il est possible ou pas de les supprimer, et si oui, comment ?

4. Les revenants du quatrième type - je rappelle la définition de revenant, "celui qui est là et qui ne devrait pas être là"- sont à la fois  nombreux sur Terre mais menacés et en voix d'extinction.
Ces revenants du quatrième type partagent avec ceux du troisième type le fait d'avoir une apparence physique normale, ou presque, mais ils s'en distinguent car eux ne sont pas, à proprement parler, des ressuscités, mais des miraculés.
Ils ont échappé à la mort.
Pour les tuer, c'est pourtant très facile. Une petite dose de norstréoïde ou une canule d'aspiration suffisent.
Le tueur le plus célèbre de ce type de revenants ? Difficile de répondre, ils sont tellement nombreux et leurs complices et inspirateurs aussi.


La canule, l'arme absolue pour que le revenant ne revienne plus.

Personnellement, je n'en ai tué aucun, mais j'ai la chance inouïe d'en connaître trois, de ces revenants. Ils s'appellent Andrea, Igor et Léa.

Andrea et a été ma compagne pendant plusieurs années.
Igor est le fils de mon épouse.
Léa est ma petite élève française de 10 ans à l'école 67 de Togliatti, en Russie.

La mère d'Andrea avait 17 ans quand Andrea est née à Bogotá.
Le mère d'Igor avait 17 ans quand Igor est né à Samara.
Les parents de Léa ont su avant sa naissance que Léa ne serait jamais une enfant comme les autres.

Malgré des situations familiales, politiques et économiques catastrophiques - car vraiment je ne souhaite à personne de vivre dans une famille modeste de la Colombie des années 80 et de la Russie des années 90 - les mères (sans père) ont gardé l'enfant.
Malgré un diagnostic révélant la trisomie 21, les parents de Léa ont gardé Léa.
ça n'a pas été facile, oh, non, personne ne dira le contraire, mais ça a été possible.
Et aujourd'hui, je n'arrive pas à imaginer un monde, ou du moins ma vie, sans Andrea, ni Igor ni Léa.

Pour moi Andrea, Igor et Léa sont des revenants, des miraculés.

Alors quand j'entends - à l'occasion des 40 ans de la loi Veil - que les députés veulent inscrire le droit à l'avortement comme un droit fondamental, c'est comme si je les entendais hurler 

Tuez Andrea, tuez Igor, tuez Léa, ils ne méritent pas de vivre !

Et chaque année, ce sont 225000 Andrea, Igor et Léa qui sont assassinés dans les avortoirs de la République.





5 commentaires:

  1. Je voudrais rebondir sur la conclusion qui est classique mais qui occulte, à mon sens, une idée fondamentale. Le fait de pouvoir avorter permet aux parents - ou à la mère - de choisir, cela n'oblige en aucun cas à avorter. Et je crois que c'est l'essence même de la liberté : le choix, ce qui n'implique aucune direction privilégiée. Il faut ensuite assumer ce choix et c'est dans l'éducation et la réflexion, c'est-à-dire dans l'accompagnement des parents / mère que chacun peut décider (ou devrait pouvoir, dans un monde idéal) - librement - ce qui lui convient le mieux.
    Ne pas avoir le choix, c'est-à-dire ne pas pouvoir choisir d'avorter n'est pas être libre et encore moins courageux, c'est subir uniquement et être esclave des circonstances.
    Et l'exemple de la petite Léa en est la preuve, si elle est française et a 10 ans, c'est donc que ses parents ont eu le choix, en France dans les années 2000, de la garder ou pas. Ils ont choisi, ils ont été libres de choisir et ils l'ont gardé. C'est bien la preuve que la liberté du choix ne présume pas de la voie qui va être suivie.
    Je voudrais commenter pour finir une idée que l'on retrouve toujours dans ce débat. Celle qui lie le droit à l'avortement de la mère au droit qu'aurait - ou pas - l'enfant de vivre. Ces deux notions me paraissent fondamentalement différentes et dissociées : la question de l'avortement s'adresse à la mère et non à l'enfant. Penser le contraire revient à établir une hiérarchie entre les droits, celui de l'enfant étant plus important que celui de la mère, donc le droit à vivre doit supplanter le libre choix de la mère et le droit de ne pas vouloir d'enfant. Je tiens cette hiérarchie comme inexistante et même dangereuse.
    L'enfant n'existant pas il ne peut faire valoir son droit et c'est pourquoi beaucoup de monde se donne arbitrairement le droit de parler pour lui. S'arroger ce droit peut se concevoir juridiquement - comme dans le cas d'une mise sous tutelle par exemple - mais ne peut pas s'imposer comme hiérarchiquement supérieur.
    Mireille Gaillard

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    1. Bonjour,
      Avant tout merci pour votre commentaire.
      Cet article me tient particulièrement à coeur et personne ne lui répondait : lorsque j'écris sur une spirale pour chauffer l'eau (la Spirale infernale), j'ai une dizaine de commentaires, lorsque j'écris sur l'avortement... silence.
      Merci donc d'ouvrir le débat mais je crains que notre discussion ne tourne court : vous êtes "PRO CHOICE", je suis "PRO LIFE", et je ne vois pas comment sortir de nos positions.
      Pour moi la vie de l'enfant, la vie de l'innocent, est plus importante que le choix, la liberté ou même le confort de la mère.
      Défendre celui qui ne peut pas se défendre, ne me paraît pas dangereux, mais noble.

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  2. Re-Bonjour Grog, c’était un des premiers billets que j’avais lu après avoir découvert votre blog. Il m’a fait pleurer et je n'osais rien rajouter car tout est dit pour moi, normalement ça devrait être une norme dans une société civilisée. Je sais qu’en Russie, il y a quelques années il y a eu un autre problème, celui d’abandon de nouveau-nés: dans une poubelle, ou une cage escalier en plein hiver ou autre. Depuis, les mesures sont prises, je crois que ça s’appelle un "baby box", ou je me trompe, où la mère qui ne veut pas garder son bébé nouveau-né peut le déposer, elle a 1 semaine ou 15 jours pour revenir sur sa décision. Ces baby box existent dans les maternités pour une prise en charge immédiate. Je laisse commenter ceux qui ne sont pas d’accord. Acia

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    1. Bonjour Acia, savoir que ce billet a pu vous toucher, me touche beaucoup.
      L'abandon des enfants est une chose affreuse, mais elle est cependant moins affreuse que leur mise à mort par avortement. Quelqu'un d'aimant peut parfois le sauver. La mère,elle même, peut changer d'avis et reprendre le fruit de ses entrailles.
      Avez-vous entendu parler de cette histoire cette hiver ? Une mère qui abandonne son enfant dans une boîte quelque part en Sibérie. Un chat a remarqué cette boite, il s'est blotti contre le nouveau-né pour lui donner sa chaleur, puis le chat a donné l'alerte, et l'enfant a été sauvé. Les animaux sont parfois plus humains que les hommes.

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  3. Bonsoir Grog, oui j'ai entendu cette histoire du bébé sauvé par un chat, c'est absolument incroyable, en tout cas, c'est toujours les conditions de vie déplorables qui poussent les mères à abandonner leurs bébés et c'est triste, j'espère qu'on entendra de moins en mois ces histoires à la télé. Je me dis que mes parents auraient pu aussi m'abandonner,mais comme dit ma mère, en se serrant la ceinture, on y est arrivé! Acia

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