samedi 31 janvier 2015

TOGLIATTI : BIENVENUE SUR LA LUNE !



TOGLIATTI, ce n'est pas que l'usine géante AVTOVAZ qui produit des centaines de milliers de LADA tous les ans.

TOGLIATTI, c'est aussi la nature brute dans toute sa beauté foudroyante.

LA GLACE, LE FEU, LA VIE, et le monde qui appartient à ceux qui se baignent tôt.





















Merci à Niko et Andreï pour les photos de cette balade sur Mars !


Pour votre prochain voyage en Russie, je pense que vous commencez à comprendre  qu'il ne sert à rien de perdre son temps et son argent à Moscou ou Pétersbourg, alors que Togliatti, la perle de la Volga, scintille dans son creuset de glace, de boue, de roche, de béton et d'acier.




mardi 27 janvier 2015

La classe relais : colonie de vacances pour les cancres

Depuis quelques semaines, en plus de mon boulot de précepteur à l'école 67 de Togliatti - oblast de Samara, Russie - je donne aussi quelques heures de cours de français à des petits groupes d'adultes russes. 4, 5 ou 6 élèves, pas plus. Surtout des femmes.

Ces effectifs réduits me rappellent la classe relais de Carrières-sous-Poissy où j’ai enseigné pendant quelques mois il y a quatre ans déjà.

Cette classe relais, quand j'y repense, quelle fumisterie, quel gouffre pour l’argent public!

Avant d’y être, je l’avais imaginée comme un purgatoire terrible, un bagne redoutable, un goulag sibérien, où les pires élèves de l’Académie étaient envoyés six ou huit semaines pour apprendre le respect et le travail.



Je délirais.

Cette classe relais, pour eux, c’était le paradis, les vacances cinq étoiles, tous frais payés par ce bolos de contribuable.

Passées les quarante-huit heures d’adaptation, les quatre ou cinq heureux élus découvraient qu’ils avaient gagné :
- un emploi du temps allégé qui les faisait commencer à 10h et finir à 15h,
- une équipe pédagogique aux petits soins avec des programmes ludiques,
- en plus personne ne les frappaient lorsqu’ils ne foutaient rien,

 Très vite ils séchaient, et devenaient insolents voire menaçants.

L’un d’eux me dit un jour :
« Z’y va, a qwa sa ser d’étudié ? J’m’en ba les kouyes ! Mé frère y gagne 10 foi c k vs gagné ! Vs croyez k’faut dé zétud pr l’biznes ? Tsss, sa mer, sur la barb du profèt !»
Et par « biznes », il fallait bien-sûr comprendre trafic de drogue.

Ce qu’il aurait fallu à ces petits cons, c’était la caserne, le champ ou l’usine.
Non pas un pédagogue qui discute et entend, ni un psychologue qui dialogue et comprend, mais un contremaître ou un caporal-chef qui ordonne, qui donne des limites.
De vraies limites : physiques, sensibles, douloureuses.

La sortie en classe relais à Carrières-sous-Poissy, la sortie en catamaran dans la baie de Fort-de-France (dont j'ai parlé dans un billet précédent) c’était la même chose, c’était le même symptôme : le Système qui récompense le méchant, qui le flatte, parce qu’il en a peur.

Le véritable visage de la classe relais de Carrière-sous-Poissy


Au moins ici, en Russie, mes élèves, Masha, Dasha, Nastia, Ksenya, Irina, Tania ne me font pas peur : elles sont belles, elles sont drôles, elles me font rire ! Le plaisir d'enseigner ? Oui, oui, ça existe, ici-même en Russie !



mardi 20 janvier 2015

INCROYABLE ! Ils sont toujours en vie malgré une caricature...


de Jésus !!! A croire que les chrétiens - d'aujourd'hui du moins - ont plus le sens de l'humour que certains disciples du Prophète. 

Un énorme merci aux Inconnus pour ce JESUS II LE RETOUR.




video




A quand un MAHOMET III, LA RESURRECTION


Cher Charlie, voilà une question qui nous incombe bien !


dimanche 18 janvier 2015

Baptême à la russe !

La différence entre les Russes et les Français ? 

Pour célébrer l’Épiphanie, nous mangeons une galette des Rois à la frangipane, eux se jettent dans de l'eau glacée quand il fait moins 10° ou 20° dehors et que le vent souffle !

Donc, dans la nuit du 18 au 19 janvier, juste après minuit, les Russes les plus courageux - quand même 2 millions d'après le ministère de l'intérieur - cassent la glace des fleuves, des rivières, des lacs et s'immergent - en souvenir du baptême de Jésus Christ - à trois reprises dans l'eau glacée, pour le salut de l'âme et la santé du corps !

Le chemin de la purification n'est pas facile. Comme disent les Russes : "Seigneur Jésus Christ, fils de Dieu, aie pitié de nous !"

A Togliatti, oblast de Samara, pour rejoindre la Volga, il faut déjà traverser la forêt enneigée et obscure où rodent BABA-YAGA et autres MANIAKI







Il faut traverser des routes dangereuses, verglacées, et hantées par des automobilistes fous.




Pénétrer des territoires aux noms étranges.




Enfin, une lumière brille dans les ténèbres des berges argentées ! La Volga majestueuse !




Y'a plus qu'à !









Le plus dur, c'est de se rhabiller. Enfiler une chaussette, fermer un bouton ou zipper une fermeture éclaire est particulièrement délicat quand on tremble de froid avec les doigts gelés. 





Une gorgée de bière sous les étoiles pour les rois mages du 3ème millénaire.

Gugul en personne - le fameux philosophe de tradition orale, disciple de Botul,  natif du Havre, et expert linguistique auprès de l'Ambassade de France en Russie - a pris un bain pour expier ses péchés. "Héraclite a raison, a-t-il déclaré, je ne me baignerai pas deux fois dans la Volga !"

Le bain de glace, c'est pas mal, mais personnellement je préfère une bonne galette des rois !





на здоровье!


samedi 17 janvier 2015

"Ce fut comme une apparition" ou l'épiphanie orthodoxe


En cette nuit où les Russes se jettent dans la Volga glacée pour célébrer l’Épiphanie, et se souvenir du baptême de Jésus Christ, fils de Dieu, dans le Jourdain, je vous propose une apparition un peu moins glacée mais presque aussi divine... Natalia Varley.

J'avais déjà parlé de cette grande actrice russe dans mon billet consacré au mausolée de Lénine.

La chanson que je vous propose,  песня про медведей, est extraite d'une comédie archi-classique en Russie, La Prisonnière du Caucase (1967).

C'est une chanson pleine de joie, de lumière et d'humour, ô combien nécessaire en ces jours obscurs que nous traversons.



Bonne écoute sur Radio Datcha !


jeudi 15 janvier 2015

10000 soldats mobilisés, pour quoi faire ?

Il y a un blog que je lis de temps en temps qui s'appelle "un Français en Russie" et qui est tenu par un officier français à la retraite qui vit actuellement à Moscou. 

Son analyse du déploiement de 10000 hommes sur le sol français est vraiment éclairante de l'inaction constitutive du gouvernement actuel.

Gesticulation et communication plutôt qu'action.

Bonne lecture !



Les Français ne doivent pas vivre dans la peur. Et pour ça on ne lésine pas : 10000 militaires dans les rues.

10000, c’est énorme ! (…) car ça fait de la France métropolitaine le plus vaste théâtre d’opérations actuel. Ça mérite quand même qu’on s’y arrête. Cela signifie-t-il un nouveau front, un conflit ? Cela signifie-t-il que nos autorités gouvernementales aient pris conscience que nous étions en guerre ?

Alors je vais tenter de répondre à ça. Quitte à jouer les rabat-joie ! Car c’est ce qu’on fait de ces 10000 hommes qui donne la réponse. Comme c’est également la désignation d’un ennemi bien identifié qui éclaire à ce sujet (...)

L’emploi de ces 10000 militaires. Il ne me semble pas qu’on les utilise comme des militaires, à savoir encadrés par les militaires, selon une mission militaire, en unités constituées. On les saupoudre plutôt, me semble-t-il, ici et là sous l’autorité des policiers et gendarmes. En fait ils font l’appoint, sans pouvoirs de police, et avec un régime d’utilisation de leurs armes très contrôlé et même restreint. En fait, et sans vouloir faire peur, ils sont sous-employés. Et leur effet dissuasif me parait très faible (...)

Cela dit quitte à utiliser l’armée avec de tels volumes, on aurait pu envisager d’autres possibilités que le risque actuel permet d’envisager sans qu’on crie à l’atteinte aux libertés. 

On connait très bien les quartiers sensibles, là où sont susceptibles de se développer des nids de terroristes, des quartiers là où il est probable qu’on trouve des armes et d’autres trucs au passage. Alors donc utilisons l’armée de façon cohérente, encadrée par ses officiers. Organisons des ratissages de police des quartiers, ceux où les forces de l’ordre ne peuvent guère ou pas opérer actuellement, sous la protection de l’armée, avec son appui. Ça les militaires savent faire, appuyer, protéger. Profitons de l’ambiance actuelle pour faire ce qu’on n’ose pas faire depuis longtemps et qui pourtant serait nécessaire. C’est bien beau de pleurer parce qu’on tire à la kalachnikov dans nos rues, si on ne se donne pas les moyens de désarmer truands et terroristes (...).

Parce que pour l’instant, on se gorge de mots, on s’admire, on chante la Marseillaise, on est Charlie, on bavarde, mais on n’agit guère. On est défensif, mais surtout pas offensif. Si on fait la guerre, puisqu’on aime employer ce terme, et bien on la fait. Et faire la guerre ce n’est pas mettre des hommes en kaki devant les synagogues, les mosquées, les administrations ou je ne sais quoi. On reste dans la com là !




 Pour en savoir plus sur cet officier français, c'est par ici :


expat-spb.blogspot.ru




dimanche 11 janvier 2015

La photo du dimanche : les amants de la Volga






Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? - Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible.

- Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Verlaine, Colloque sentimental


samedi 10 janvier 2015

Charlie fait ses courses

Après ces 3 jours d'horreur et d'émotions à Paris (et à la télé), retour au quotidien, retour au marché du coin, au рынок, à Togliatti, oblast de Samara, Russie.

Kiosque à fruits et légumes sur le petit marché de l'avenue St Razina, Togliatti.

J'ai parlé dans mes précédents billets de la chute du rouble et j'écris aujourd'hui pour confirmer que je constate maintenant une réelle augmentation de plus ou moins 20% du prix des produits de base.

Le pain blanc coûtait 22 roubles, il coûte aujourd'hui 27,50.
La petite pizza est passée de 35 roubles à 42 roubles.
Les 10 oeufs, de 52 à 66 roubles.
Le litre de lait de 56 à 70 roubles.
Le kilo de tomates de 120 à 190 roubles.
Le fromage "LA VACHE DE PARIS" de 98 à 190 roubles !
Le marchroutka (minibus) de 18 à 20 roubles
Le taxi de 100 à 120 roubles.

Je rappelle qu'1 euro vaut à peu près 70 roubles.


Bref, tous les prix augmentent mais les salaires ne bougent pas. Donc, le pouvoir d'achat des Russes baisse. ça ne m'étonnerait pas que cet été, la petite bande de gazon de la datcha soit supprimée au profit de plus de choux, plus de patates, plus d'oignons et plus d'ail.

Recette pour l'apéritif à la datcha : prenez une gousse d'ail, coupez-la en petits morceaux, c'est prêt !

J'oubliais, en russe, Je suis Charlie se dit


 я шарли

samedi 3 janvier 2015

La photo du dimanche : COUP DE FOUDRE SUR LENINSKI !

Pour cette nouvelle année, une nouvelle rubrique : la photo du dimanche. 

Merci à Niko pour ce premier cliché, pris sur Lenininski Prospekt (ou Primorski Boulevard, je ne sais plus trop) à Togliatti, bien sûr, la ville de l'amour fou ! 




Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Baudelaire, A une passante.



jeudi 1 janvier 2015

DYED MOROZ est une ordure !

En France, LE PERE NOEL EST UNE ORDURE, est le classique qui passe tous les ans sur les écrans pour les fêtes. 

En Russie, c'est S'LOKIM PAROMС лёгким паром. Une comédie de années 70. L'histoire ? Un énorme quiproquo !




Euvgeni, qui habite Moscou, est tellement ivre le soir du 31 décembre qu'il prend l'avion à la place d'un ami et se retrouve, sans le savoir, à Leningrad (Saint-Pétersbourg). 
Croyant être toujours à Moscou, il se rend chez lui, 3 rue des Bâtisseurs, immeuble 25, appartement 12. 
Miracle de la standardisation soviétique, la clef ouvre la porte du même appartement dans le même type d'immeuble à la même adresse. 
La seule différence, ce n'est pas la brune Galia qui habite là, mais la belle et blonde Nadja !

Je n'arrive pas à trouver un lien avec le film sous-titré en français ou anglais. Pour vous consoler, 2 superbes chansons du film !

video


video



C'est beau, non (la 2ème chanson) ? C'est drôle, aussi (la 1ère) !

Avec tout ça, si vous ne voulez pas apprendre le russe, c'est à en perdre son latin !

Bonne année 2015 !
с новым годом !
et bonne écoute sur RADIO DATCHA !