jeudi 31 décembre 2015

la première gorgée de bortsch, et autres plaisirs minuscules

De retour en Russie après 8 mois d'absence,je retrouve avec bonheur ces mille petites choses qui font à mes yeux le charme de la vie russe. J'en retiendrai ici seulement 3.


une nievalachka (poupée culbuto) pour ma petite fille,





une assiette de pilmini faits maison, avec une bonne dose de mayonnaise provençale !




une JIGOULI, made in Togliatti, si carrée, si simple, et si fragile





Et pour vous, chers lecteurs, quels seraient vos 3 petits bonheurs russes ?


Bonne année 2016 !




samedi 26 décembre 2015

être russe à Istanbul, ça a l'air encore possible




Il y a 7 semaines, j'avais raccompagné mon beau-fils à l'aéroport ATATURK  pour le vol AEROFLOT Istanbul-Moscou de 1h40 du matin : il y avait alors une longue file de passagers qui attendaient pour déposer leurs bagages et s'enregistrer.



Cette fois-ci, 22 décembre, c'est nous qui prenions l'avion, mon épouse, notre fille et moi-même. Même lieu, même heure, même vol : personne ou presque. Une trentaine de passagers tout au plus.

Conséquence directe de la crise russo-turque en cours.

Fait pour le moins inhabituel, le pilote était là en personne au comptoir d'enregistrement ! Un grand gars carré, la cinquantaine, le regard bleu qui pétille, beau dans son uniforme qui arborait encore aux manches la faucille et le marteau soviétiques. Comme nous avons une petite fille, il nous fait passer en premier et colle lui-même les étiquettes sur nos bagages. Il nous explique où et quand récupérer la poussette. Puis il s'adresse à tous les passagers :

"Bonsoir à tous, comme vous le voyez nous ne sommes pas nombreux ce soir. L'avion va être presque vide. Vous aurez chacun 3 places pour dormir. 
Attention, soyez à la porte 310 à 1 heure précise car il n'y aura qu'un seul bus pour rejoindre l'avion sur le tarmac. Si vous ratez ce bus, vous ratez l'avion. Ce serait dommage. Alors  voilà.  Ne vous perdez pas dans l'aéroport et on se retrouve tout à l'heure à bord."

J'avais appréhendé mon escale stambouliote de 24 heures car ma femme et ma fille sont russes et je craignais une ambiance délétère. J'avais d'ailleurs décidé de laisser au Kurdistan mon tee-shirt préféré et mes nouveaux porte-clefs :




Mes craintes se sont révélées complètement infondées : la gentillesse du pilote russe n'a d'ailleurs été qu'un élément positif supplémentaire dans une longue liste.

Le simple fait d'être à Istanbul, dans une vraie grande ville, avec des cafés,  des terrasses, des hommes et des femmes (non-voilées) dans la rue après 2 mois au Kurdistan d'Irak était en soi un vrai plaisir. (Sentiment d'être de retour dans la Civilisation.)

Surtout, en 24 heures dans le quartier central de Sultanahamet, dans les restaurants, les boutiques, les taxis, les hôtels, partout ma petite famille - toujours identifiée comme russe - a été parfaitement reçue : mandarine offerte pour ma fille, chocolats pour ma femme, pâtisseries turques pour nous tous, des "Zdrasvouitié" par-ci, des "paka paka" par-là, et beaucoup de sourires.



Comme si les Turcs - du moins ceux du quartier de Sultanahamet - par cette surenchère de gentillesse voulaient nous dire à quel point ils étaient désolés de la crise en cours.

Dans le taxi qui nous a déposés à l'aéroport, le chauffeur au franc sourire écoutait John Lenon. Et les dernières minutes du trajet se firent au son d'IMAGINE.

"Imagine all the people, living life in peace"...

Noël approchait.

samedi 19 décembre 2015

Tandis que l'ours russe sort ses griffes en Syrie...

...Winnie l'ourson, lui, essaie de déguster du bon miel.

Винни Пух (Winni Poukh)

Pas si facile de l'atteindre tout en haut de l'arbre, et la chute sera rude !

Un archi-classique soviétique, réalisé par Fiodor Khitrouk en 1969, et dont ma petite fille ne se lasse pas.

On en fait encore de beaux dessins-animés comme ça aujourd'hui ?






départ pour la Russie (via Istanbul) J-2 !

mercredi 16 décembre 2015

Au Kurdistan : 2+2 = 1

Tous les écoliers du Kurdistan le savent, le disent et le répètent fièrement, à l'occasion de la Fête du Drapeau - sorte de fête nationale - qui a lieu le 17 décembre : 2+2 = 1. 

Et si vous leur dites qu'ils se trompent, ils rigolent et vous regardent comme un demeuré qui ignorerait que :

   2
+ 2
---------
=   1 


plus précisément, 


    le Kurdistan d'Irak + le Kurdistan de Syrie 

+   le Kurdistan de Turquie + le Kurdistan d'Iran
------------------------------------------------------------------
         =     LE KURDISTAN



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Quant au drapeau du Kurdistan omniprésent à Erbil (à la différence du drapeau d'Irak)...



le rouge pour le sang des martyrs



le vert pour les vallées et les forêts



le blanc pour la paix et la prospérité



et le soleil, lui, serait-là pour rappeller les origines zoroastriennes du peuple kurde.


Eh Peuple Kurde, tu ne voudrais pas faire un retour aux sources ? 
et délaisser les mosquées qui me cassent les oreilles dès 5 heures du matin 
pour le doux chant et le OUI à la vie de Zarathoustra !?!


lundi 14 décembre 2015

Bagdad café ?


Non, non, BAGDAD CHIPS !
elles sont délicieuses, de la vraie pomme de terre croustillante !




Mais BADGAD n'est pas connu que pour ses chips... ses dattes sont un régal.

Mohamed, le vendeur arabe de la supérette d'à côté m'a montré à plusieurs reprises, et avec émotion, des photos des dattiers de son jardin à Bagdad. 
Jardin qu'il a hélas dû quitter, car la vie là-bas n'est plus possible (mais la vie en pays kurde pour un arabe n'est pas facile non plus - les discriminations sont quotidiennes - et c'est pourquoi il espère pourvoir un jour ou l'autre quitter pour de bon l'Irak)


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Dattes sucrées, juteuses et savoureuses -   exquises avec un café à la cardamone.


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samedi 12 décembre 2015

RADIO DATCHA, VIVRE en temps d'intranquillité !

Dans ma rue à Erbil, une quinzaine d'hommes armés de kalachnikovs,
Quand je me promène au parc, je passe sous un mirador équipé d'une mitrailleuse,
Souvent mon hôtel tremble au passage d'énormes hélicoptères dont on aperçoit les tubes lance-roquettes,
Dans le ciel, les missiles russes,
A une heure en voiture, la ligne de front avec l'Etat islamique, 
Et à Paris, les terrasses de café ont été mitraillées :
Bordel !

LA VIE, LA VIE malgré tout.
Un lever de soleil, un café avec l'être aimé, le rire d'un enfant...
C'est ce que chante le groupe

                                                        Рождество

        dans ce classik russo-romantiko-rock qu'est 

Ты Знаешь, Так Хочется Жить
(tu sais, à quel point je veux vivre)


video



Bonne écoute sur RADIO DATCHA !


lundi 7 décembre 2015

Mossoul outragé, Mossoul brisé, Mossoul martyrisé

mais Mossoul libéré ?

Bientôt peut-être ?

Plusieurs personnes qui habitent juste à côté de l'aéroport d'Erbil m'ont signalé que depuis quelques nuits il y avait un ballet ininterrompu de vols d'hélicoptères et de gros porteurs militaires (américains ? européens ? russes ?) se posant ou décollant sans aucune lumière.

Une offensive se préparerait-elle ? Après la libération de Sinjar, celle de Mossoul ? 

Mossoul qui n'est situé qu'à quelques dizaines de kilomètres d'Erbil.

En attendant, l'aéroport d'Erbil est de nouveau fermé pour 48 heures en raison du passage dans le ciel du Kurdistan d'Irak de nouveaux missiles russes.

Puissent-ils toucher leurs cibles sans tuer d'innocents.

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(C'est un peu futile mais avec tout ça, j'hésite à acheter mes billets pour la Russie car je ne suis pas sûr qu'il y ait une assurance-annulation-missiles.)

vendredi 4 décembre 2015

ERBIL : d'un consulat l'autre.

Les consulats se ressemblent un peu tous à Erbil : de vraies forteresses bien protégées.

Le consulat de France - collé à l'Institut français - avec son T-WALL blanc à liseré jaune est plutôt joli et bien placé - à 5 minutes à pied de la citadelle et 10 minutes du parc Abdul-Raman.



Il y avait souvent de longues files d'attente pour les demandes de visas mais depuis les attentats du 13 novembre à Paris, elles sont plus rares. Un diplomate m'a expliqué que les demandes de visas ont été divisées par deux. Non pas par crainte d'une guerre civile française mais à cause de la fermeture des frontières. Ce qui semble prouver que la France est une destination de transit pour les migrants légaux.

Le consulat des USA, dans le quartier d'Ankawa, lui, fait peur. Grands murs en béton de 5 mètres de haut, fils barbelés, caméras, peshmergas de garde, et depuis l'attentat à la bombe d'avril dernier, la rue est coupée à la circulation. Il y a encore un trou noir dans la chaussée au lieu de l'explosion et les boutiques détruites n'ont pas été reconstruites. C'est lugubre.


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Enfin, il y a le consulat de Russie. A l'extérieur de la ville. Une sorte de Kremlin oriental. Avec des défenses antichars agrémentées de vastes piques métalliques sur lesquelles on craint de s'empaler. J'ai dû m'y rendre il y a quelques jours pour obtenir un visa car j'espère passer Noël en Russie.
C'était comme dans James Bond.
Dehors le bruit et la poussière d'une grande route, les sentinelles aux kalachs, les pieux antichars.
Puis le sas : un rambo russe - pistolet à la ceinture et la main sur le pommeau d'un énorme poignard qu'il semblait prêt à dégainer - me contrôle et me fait franchir les deux ou trois portes blindées qui mènent à un calme jardin.
Là, un jeune diplomate élégant et souriant m'accueille sur le seuil d'une jolie demeure et me conduit dans un grand salon. Assis dans de confortables fauteuils nous avons parlé de mon voyage en Russie, de mon visa, et des papiers nécessaires à son obtention. 15 minutes et 200 dollars US plus tard, tout était réglé.

J'irai donc passer Noël en Russie si Dieu veut et :
- si l'aéroport d'Erbil ne ferme pas de nouveau à cause de missiles russes.
- si la crise Russo-Turc ne dégénère pas
- si les liaisons aériennes Istanbul-Moscou de la Turkish Airline ou d'Aéroflot sont maintenues

Cela fait beaucoup de "si" mais c'est ainsi qu'on va à Togliatti, la perle de la Volga !