mardi 26 janvier 2016

Des Russes et de leur extraordinaire souplesse

A l'Institut français d'Erbil, je suis tombé sur un livre hautement improbable : une édition bilingue franco-russe du classique de Michel Lermontov, UN HEROS DE NOTRE TEMPS (1840).

Геро́й на́шего вре́мени

Je n'en suis qu'aux premières pages : le narrateur rencontre un vieil officier russe en poste dans le Caucase depuis de longues années. Le soir au coin du feu, ce dernier raconte des histoires d'ennui, d'amour, de guerre, et de jalousie... un régal !

Quelques réflexions, maximes, sentences, jalonnent le texte.

Que pensez-vous de celle-là ?

Je fus malgré moi frappé par la faculté qu'a le Russe de s'adapter aux coutumes des peuples parmi lesquels il lui arrive de vivre. Je ne sais si cette qualité d'esprit est digne de louange ou de blâme, mais elle prouve son extraordinaire souplesse et la présence de cette sagesse d'esprit qui excuse le mal partout où il apparaît nécessaire ou impossible à anéantir.

On est loin de "l'axe du mal" qu'il faut abattre à tout prix cher aux Américains !

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mercredi 20 janvier 2016

LADA PRIORA, la voiture des bad boys !

Pour ce nouvel opus de RADIO DATCHA, un morceau de rap russe à la gloire de la LADA PRIORA CEDANE (bientôt remplacée par la Lada Vesta).


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L'affreux rappeur aux dents d'or comme ses gentes s'appelle Тимати.

Quant à la JIGOULI des policiers, avec un Cosaque sur son toit, je l'aime !





Merci à Acia qui m'a fait connaître ce morceau.

BONNE ECOUTE SUR RADIO DATCHA!


mardi 19 janvier 2016

Dans les limbes

Michel Tournier, grand prix de l'Académie française et prix Goncourt, est mort hier à 91 ans.

Son livre Vendredi ou les limbes du Pacifique (ainsi que la version pour enfants Vendredi ou la Vie Sauvage) est un absolu chef-d'oeuvre que je rêve de voir adapté un jour au cinéma par Terrence Malick, le réalisateur de La Ligne Rouge et de Nouveau-Monde.

En lisant aujourd'hui quelques éléments biographiques du personnage, je découvre avec une heureuse surprise les propos qu'il a tenus en 1989 au magazine Newsweek  :

"Les avorteurs sont les fils et les petits-fils des monstres d'Auschwitz. 
Je voudrais rétablir la peine de mort pour ces gens-là." 


Pour la peine de mort, je crois cependant que Michel Tournier s'emporte, c'est peut-être l'émotion : qu'est-ce en effet que la peine de mort sinon une sorte d'avortement tardif et post-natal ? 

Non, non, la torture suffirait !

Lutter contre les monstres, oui, mais sans en devenir un soi-même.



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dimanche 17 janvier 2016

Enfin un peu d'espoir pour 2016

Depuis le début d'année (et à part la sortie de la LADA VESTA) toutes les informations relayées par les médias sont tristes et effrayantes.

Alors, je suis heureux de reprendre ici cette histoire citée par Yves Daoudal sur son blog.

Il s'agit de la vie. La vie plus forte que la mort. 

Aux urgences gynécologiques, dans le pays minier, une gamine et sa mère... le quart-monde, genre pauvres qui vote Le Pen, en jogging. Babaches de pauvres, qu’il est de bon ton de mépriser quand on a fait des études, et qu’on jouit du pouvoir du savoir, comme ce jeune interne. 
Aux urgences donc, la gamine a 15 ans. « Elle a mal au ventre » dit la mere, « on sait pas quoi ! ». La sage-femme qui, elle, garde plutôt ses jugements sévères pour les prétentieux, prend soin de la fille, la questionne et l’examine. « Il est plus que probable que tu sois enceinte... le sais-tu ? ». « Bah non ! »... Arrivée de l’interne, échographie, diagnostic de la sage-femme confirmé : « Tu es enceinte de 6 mois. » 
L’interne, sentencieux devant ce déni de grossesse : « C’est trop tard, mais si tu avais fait attention et réagi a temps, on aurait pu pratiquer une IVG. » « Une quoi ? » dit la fille. « Un avortement » reprend l’interne. « Ah ben non ! Avorter c’est quand même tuer son bébé et y a pas de raison de faire ça, faut pas faire ça, moi je suis contre ! » répond d’une traite la jeune fille, femme, mère. 
Alors que l’interne, décontenancé et les certitudes en déroute, quitte la salle, la sage-femme pose sa main sur le ventre de la gamine et lui dit : « C’est toi qui as raison ». Mais oui, c’est toi qui as raison la ch’tiote, au-delà de ta négligence initiale, tu donnes une leçon de bon sens, de simplicité, de sagesse, de maturité et de sens des responsabilités. 
T’as raison, la ch’tiote, faut pas faire ça. Ta résistance simple et efficace écroule le Planning familial, Ie bourrage de crâne scolaire et périscolaire, les subventions et tout le tintouin budgétisé depuis trente ans pour faire oublier cette vérité toute simple que tu rappelles à contretemps : « Avorter c’est quand même tuer son bébé ! ». 
La connivence qui s’est tissée, là, entre la gamine et la sage-femme, est une révolution. Ceux qui pensaient avoir gagné la partie n’en mesurent pas la portée : ils ont déjà perdu. Les pauvres aiment les enfants et ils sont plus nombreux que les bobos. Et il y aura toujours une sage-femme pour préférer, à les faire disparaître, les faire naître. Elle commence bien cette nouvelle Année, elle va nous plaire !

samedi 16 janvier 2016

Le rouble chute, le lombard monte !

Oui oui, je parle bien du « lombard » et non pas du dollar même s’il est vrai que la chute du rouble est de nouveau vertigineuse puisque ces jours-ci 1 dollar s’échange à 78 roubles et s'apprête à passer bientôt le barre symbolique des 80 ! (1 dollar valait 50 roubles il y a 8 mois.)

Le baril à 30 dollars est sans doute la cause principale de ce piètre résultat.

Alors certes Vladimir Poutine peut toujours dire que cette «  baisse du pétrole précisément oblige à assainir l’économie » en la diversifiant, il peut toujours ajouter que « nous nous dirigeons vers une stabilisation et une croissance économique » …  il n’empêche…  en attendant l’assainissement et la reprise, le lombard, lui, est toujours là – et il ne semble pas prêt de disparaître.

Le lombard ?

Oui, le lombard, ce « magasin » typiquement russe qui se trouve dans tous les quartiers, à tous les carrefours. Il y a presque autant de « lombards » dans les villes que de pharmacies : ces dernières soignent le corps, ces premiers soignent –mais très mal – le porte-monnaie.



Le lombard, c’est un mont-de-piété. Quand vous n’avez plus d’argent pour finir le mois, pour payer l’électricité, les soins pour votre enfant, ou votre alcool si vous êtes alcoolique : alors vous allez vous y échouer et vous y déposez vos objets de valeur (montre, ordinateur, bijoux, fourrure, voiture…) en échange d’un peu de cash. Si vous remboursez à tant, vous pouvez récupérer vos biens. Si vous ne remboursez pas, tant pis pour vous : le lombard garde vos biens et les vend à bon marché.




Il n’y a pas que les lombards, il y a aussi les agences de crédits-cash. Elles ont des noms mensongers qui fleurent l’argent facile : Dyengi Migom (l’argent en un éclair), Finanssovi Doctor (docteur des finances), Daï Dyengi (donne les sous), etc.




Lors de mon dernier séjour à Togliatti, fin décembre 2015 début janvier 2016, j’ai eu la nette impression que ces agences étaient plus nombreuses qu’avant. Au moins une dans chaque petit centre commercial, une sur chaque boulevard, une près de chaque école. Le principe est simple : vous vous munissez d’une pièce d’identité, et en quelques minutes vous obtenez du cash, généralement entre 20000 et 50000 roubles (en province, 20000 roubles, 300 euros, correspondent au salaire mensuel d’un professeur à l’Université ou d’un technicien supérieur ;  50 000 roubles, 700 euros – correspondent au salaire d’un directeur de supermarché ou d’un ingénieur). Le taux d’intérêt  - il faudrait même parler d’usure - est bien-sûr très élevé.

La prolifération du nombre de lombards et d’agences de cash-crédit est un indicateur fiable quant à la difficulté de la vie quotidienne en Russie où – je le rappelle - de nombreux retraités ne touchent que 6000 roubles (100 dollars) par mois.


Pour beaucoup de Russes, le lombard est une bouée qui permet de survivre, une bouée trouée qui ne permet pas de vivre.


mardi 12 janvier 2016

Un camion pour oublier Istanbul : BELAZ versus DAECH

Il y a quelques semaines j'étais à Istanbul, et comme tout touriste qui se respecte, je me suis pris en photo avec ma famille entre la Mosquée Bleue et Sainte Sophie.




Alors forcément avec l'attentat d'aujourd'hui, ça fait bizarre.

Bon, on le sait bien : les attentats peuvent avoir lieu partout à Paris comme à Bagdad, à Marseille comme à Erbil, à Cologne comme à Damas... On le sait bien, mais quand même...

Pour oublier tout ça, je regarde mes vieilles photos prises en Russie. Beaucoup de photos de voitures, de camionnettes ou de camions.

"Beaux camions" avais-je dit à ma chérie en lui montrant il y a peu ces photos.





 Elle avait rigolé et m'avait répondu qu'il y avait avant à Togliatti de vrais gros et beaux camions sur les chantiers, pas des KAMAZ, ni des AVTOVAZ mais des BELAZ, capables de transporter 450 tonnes de roches.

Le BELAZ, le plus gros (beau?) camion du monde !




Nul doute qu'une dizaine de BELAZ chargés de Peshmergas 
devrait pouvoir libérer Mossoul, non ?

vendredi 8 janvier 2016

la nouvelle LADA est arrivée !

Il s'agit de la LADA VESTA qui est commercialisée depuis novembre 2015 en Russie.

Bien-sûr, en amateur de voitures russes, j'étais à sa recherche dans les rues de Togliatti - hélas sans succès. Quand je demandais autour de moi, c'était comme le YETI : certaines personnes l'avaient vue,  d'autres l'avaient aperçue...

Une fois pourtant, une LADA VESTA s'est garée juste sous mon immeuble - elle existait donc vraiment ! - mais le temps que je descende avec mon appareil photo, elle avait déjà disparu.

Finalement, c'est à l'aéroport de SAMARA-KURUMOCH lors de mon voyage retour vers l'Irak que j'ai pu la découvrir, grâce à un exemplaire d'exposition.

Voici donc la nouvelle bête de LADA :













Classe, non ? Certes elle n'a pas le charme inimitable de la NIVA ou de la JIGOULI mais elle a tout d'une berline moderne stylée et qui peut soutenir sans rougir la comparaison avec les modèles équivalents de chez Kia, Nissan, Hyundai, Chevrolet ou Renault.

Votre prochaine voiture ?