lundi 29 février 2016

Le peshmerga du diable

Il y a quelques semaines, j'étais à Sleimani, la capitale culturelle et artistique du Kurdistan irakien.


Ville connue pour sa liberté, ses filles presque dévoilées, son alcool facile, ses universités, ses musiciens et ses cafés d'artistes.




J'ai aimé cette ville au pied des montagnes, ville à côté de laquelle Erbil ressemble à une grosse bourgade de paysans enrichis qui mangent du poulet et roulent en 4.4.

Pourtant...

Pourtant - en plein centre ville - j'ai été surpris de découvrir à côté du Che, de Charlie Chaplin, et de ces deux héros kurdes que sont Talabami (chef de l'UPK) et Ocalan (chef du PKK), la photo de...

Je vous laisse chercher et trouver...








Surprenant, n'est-ce pas ?


Et il y a quelques jours à Erbil, j'ai vu des garçons de 10-12 ans qui jouaient dans la rue : ils avaient de belles croix gammées dessinées sur les bras !







vendredi 26 février 2016

Astérix chez les Kurdes !

GAULOISES ! liberté toujours...

Toujours agréable de lire ce mot de "liberté" en français, écrit un peu partout au Kurdistan.

Toujours agréable aussi de pouvoir fumer comme au bon vieux temps en France, dans les cafés, les bars et les restaurants.

Ici, en Irak,beaucoup de choses peuvent vous tuer, mais manifestement pas le tabac !








jeudi 25 février 2016

LADA, la FERRARI RUSSE


La filière hongroise - M.Joël - m'approvisionne régulièrement en bonnes photos de LADA, mon péché mignon !

mercredi 24 février 2016

déchiqueté, aspiré, mis dans un sachet et jeté à la poubelle

La société essaie de nous faire croire que l'avortement n'est qu'un geste technique, banal, sans conséquence, normal... alors qu'il s'agit de la mise à mort d'un enfant à naître.
Tuer l'enfant laisse d'affreuses traces dans le cœur de la mère tueuse, des déchirures purulentes, de sanglantes plaies éternelles.
Et "si vous pouviez lécher leur âme - pour reprendre la terrible expression d'un survivant dans le film SHOAHvous seriez empoisonnés."
Le témoignage d'Anna - publié chez Jeanne Smits - pour ne pas pouvoir dire qu'on ne savait pas.
***
C’était la première fois qu’« Anna », 13 ans, « sortait » – avec un garçon de 18 ans. Elle vivait en Irlande du Nord – c’était il y a plus de 40 ans. La soirée se termina par un viol, et Anna se retrouva enceinte. Ce viol, elle devait longtemps se le reprocher… Elle s’en croyait coupable, parce qu’elle avait innocemment suivi ce jeune homme « populaire » à l’école et dans son quartier, fière d’avoir été remarquée par lui. Ses parents, presbytériens rigides qui laissaient pourtant Anna faire à peu près ce qu’elle voulait, ne voulaient pas vivre avec la honte d’avoir une « fille-mère ». Ce sont eux qui ont organisé le voyage à Liverpool. Anna n’a pas eu d’autre choix que cet avortement – particulièrement cruel, puisque l’infirmière, elle s’en souvient encore aujourd’hui, allait lui décrire dans le détail ce qui allait arriver au tout-petit qu’elle portait. Aujourd’hui, Anna témoigne de la réalité du syndrome post-IVG qui l’a poursuivi pendant plus de trente ans. Elle est contre l’avortement. Résolument contre. Même en cas de viol.
La conscience d’avoir laissé détruire violemment l’enfant qu’elle portait a aussi détruit Anna… Il était entendu que le sujet était tabou. Elle ne devait pas en parler. Encore moins parler de sa souffrance. Le secret devint vite beaucoup trop lourd à porter : la douleur ne la lâchait pas, elle se réfugia dans l’alcool.

Le syndrome post-avortement, une réalité –même quand l'IVG fait suite à un viol

Il lui a fallu attendre 36 ans avant de retrouver « le droit d’être heureuse ». Anna a participé alors, il y a six ans, à une session chrétienne de conseil post-avortement, « Surrendering the Secret » (« lâcher le secret »), qui lui a permis pour la première fois de se sentir réellement guérie.
Anna a longtemps vécu avec la douleur de son secret, avant de retrouver la paix intime du cœur. Pourquoi en parler en public aujourd’hui ? Les récentes discussions à l’Assemblée de l’Irlande-du-Nord sur la légalisation de l’avortement en cas d’anomalie fœtale fatale, de viol ou d’inceste, ont réveillé une nouvelle fois les souvenirs de celle qui est aujourd’hui femme d’affaires à Belfast. Sans révéler son vrai nom – elle est aujourd’hui mariée et heureuse, avec deux jeunes enfants qu’elle veut protéger – elle veut dire la vérité aux « milliers de femmes » qui souffrent, elle en est persuadée, d’un traumatisme similaire.
La souffrance et le traumatisme sont liés à l’avortement lui-même, quelle qu’en soit la raison quelle que soit la manière dont il est procuré, assure Anna. « Au cours de ces 36 ans avant d’obtenir ma guérison le viol n’a joué aucun rôle, pas plus que le voyage en bateau vers l’Angleterre ne m’a traumatisée – c’était le fait que mon bébé m’avait été enlevé. J’étais hantée par le souvenir à chaque anniversaire de l’avortement – je pensais à l’âge qu’il aurait eu. Aujourd’hui, je suis persuadée que c’était un garçon, je l’ai appelé Michael. »
« Rien, pas même le fait d’avoir des enfants plus tard, ne pourra jamais remplacer ce bébé qu’on m’a enlevé », raconte-t-elle.
Telle est l’omerta autour de l’avortement et des souffrances qu’il engendre que les deux psyschologues consultées par Anna n’ont pas su identifier son traumatisme. Anne n’avait-elle pas tout pour être heureuse : une carrière brillante, une belle maison, une voiture de belle cylindrée, des vacances exotiques ?

L'Irlande du Nord a dit “non” à l'avortement pour viol :
“Les femmes n'ont pas besoin d'un autre acte de violence”

Il est intéressant de noter qu’Anna n’en veut nullement à l’infirmière qui lui a parlé de ce qui allait vraiment se passer. Embarquée par sa mère à quelques jours seulement de la découverte de sa grossesse, Anna ne savait pas ce qui allait lui arriver, ni pourquoi : elle avait seulement conscience qu’elle portait une personne vivante dans ses entrailles. Arrivée à la clinique, c’est au moment où elle attendait seule dans un couloir que cette infirmière est venue lui dire que son bébé allait être déchiqueté, aspiré, mis dans un sachet et jeté à la poubelle. « Avec le recul, je me rends compte maintenant qu’elle a été la seule à jamais avoir été honnête à mon égard. »
L’avortement passé, l’adolescente s’est trouvée dans un grand dortoir avec d’autres femmes. « Je me sentais très seule. Elles se racontaient leur deuxième, troisième ou quatrième avortement. L’une d’elles m’a dit : “Ne t’en fais pas, je viens d’avoir le quatrième.” C’était horrible », raconte Anna.
De retour à la maison, plus personne ne parla jamais à Anna de l’avortement. Très vite, ses résultats scolaires, jusque-là excellents, dégringolèrent. Elle commença à boire au cours de son adolescence – elle ne réussit à cesser d’abuser de l’alcool qu’après sa session biblique.
Ce qui a libéré Anna, c’est la vérité. C’est de comprendre pourquoi elle n’arrivait pas à souffrir avec sa famille et ses amis lors d’autres décès parce qu’elle n’avait pas pu porter le deuil de son propre enfant. « Cette tristesse ne me quitte jamais. Je n’avais pas pleuré la mort de mon bébé avorté et l’une des plus belles choses que j’ai vues lors de cette session, ce sont ces femmes qui pleuraient leur enfant. Je n’avais jamais pu pleurer mon fils. On ne me l’avait pas permis… C’est un grand soulagement de pouvoir pleurer cette mort. »
Aujourd’hui, on parle librement de l’avortement, note Anna. « C’est partout dans les médias, mais les femmes pleurent à l’intérieur. Elles souffrent gravement de ses conséquences qui ont des répercussions sur leur qualité de vie. Après la session, je me suis sentie de nouveau entière, libérée de mon secret. »
Mais l’avortement après un viol ? Ce n’est pas une « solution miracle », répond Anna. « L’expérience de l’avortement vous hantera toute votre vie. Si une femme se trouve enceinte à la suite d’un viol, elle a vraiment besoin d’être entourée. Elle a besoin de compassion, elle a besoin de conseils, elle a besoin d’être très soutenue. Elle n’a pas besoin d’un nouvel acte de violence : l’avortement. »
A propos du traumatisme post-avortement, ne manquez pas le très beau reportage d’Armel Joubert des Ouches sur reinformation.tv.

lundi 22 février 2016

Mais où va la Turquie ?

Bravo à l'Institut français d'Erbil et à son sympathique directeur Jany Bourdais qui a pris l'heureuse initiative d'organiser un cycle de conférences - intitulé VU DE L'EXTERIEUR ET EN TOUTE LIBERTE - dont l'objectif est de permettre de comprendre un peu mieux la situation compliquée de la région.


La deuxième, le 9 février dernier, animée par Bayram Balci - chercheur en sciences politiques - s'intéressait à la Turquie.  

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La question était simple : Turquie, comment en est-on arrivé là ?

Comment ce pays qui, il y a quelques années encore, était présenté comme un modèle de réussite économique, sociale et politique (avec une conciliation islam et démocratie dans un contexte de forte croissance) a-t-il pu, après avoir suscité tant d'espoirs, décevoir à tel point ?

Pourquoi ce pays dont Erdogan avait fixé pour objectif le "zéro problème avec les voisins" est-il devenu le pays du "zéro voisin avec zéro problème" ?

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Pourquoi la société relativement unie de la Turquie est-elle devenue si clivée entre Turkmènes et Kurdes ? entre Sunnites et Alaouites ? entre Conservateurs et Progressistes ? entre religieux et laïcs ?

Pourquoi cette dérive autoritaire avec emprisonnement de nombreux journalistes et universitaires ?

Pourquoi cette répression sauvage avec des milliers de morts au Kurdistan turc ? 

Pourquoi ce soutien à DAECH tout en faisant partie de l'OTAN ?

Pourquoi cette folle confrontation avec la Russie (qui lui fournit pourtant 55% de son gaz et pétrole, et qui lui fournissait un apport de devises considérable avec les millions de touristes russes) ?

Pour Bayam Balci la dérive autoritaire du régime n'était pas inscrite dans ses gènes mais est le fruit du contexte, plus précisément la conséquence de la guerre en Syrie.

Guerre dans laquelle la Turquie - ennemie jurée de Bachar-el-Assad - est totalement impliquée.

Comment tout cela va-t-il finir ? Nul ne le sait.

Motif d'inquiétude supplémentaire : Erdogan trempe dans tellement d'histoires louches qu'il ne peut plus quitter son sultanat sous peine d'être condamné. Il risque donc de s'accrocher au pouvoir et de semer le chaos pour sauver sa tête.

Petite raison d'espérer cependant : Erdogan a toujours respecté le verdict des urnes. S'il perdait le soutien du peuple turc - qui jusqu'à maintenant est largement avec lui - il démissionnerait sans doute. (Accomplissant ainsi un destin à la De Gaulle ?)

Réponse dans quelques mois car dans cette région l'Histoire, qui s'écrit avec une grande hache, va très très vite !

samedi 20 février 2016

Mon hélicoptère quotidien


Tous les jours, ou toutes les nuits, il passe sous mes fenêtres en faisant trembler l'immeuble.

Il ne s'agit pas d'un redoutable SU-35, mais c'est quand même impressionnant.

le jour



la nuit


vendredi 19 février 2016

POUTINE, super BIOMAN !

Bonne surprise, ce matin dans ma boîte mail, groglefrog@gmail.com : une Lada.

Ou plutôt la métamorphose d'une simple Jigouli en super-Poutine "transformer".




L'artiste Gunduz Agayev s'est plu à imaginer ainsi les principaux dirigeants de la planète. Un seul regret, François Hollande et son scooter poussif n'y figurent pas...

Merci à Joël de Hongrie qui m'avait déjà envoyé des jolies photos de Jigouli.


jeudi 18 février 2016

Erbil, ville pétrifiée

Ce n'est ni Pompéi, ni Saint-Pierre, et pourtant...

Quel paysage urbain déroutant que celui de la capitale du Kurdistan d'Irak : des milliers d'immeubles figés en pleine construction. 

Ni construits ni détruits : abandonnés.

Le Vésuve n'est pas en cause mais Daech, 
La Pelée n'y est pour rien mais l'or noir.






































































On reste parfois sans voix devant cette ville désaffectée, 
cette Babel de Ninive.

Tout au plus peut-on entendre - en tendant bien l'oreille par-delà les générateurs, les muezzins, les Dodge, les Hummer et les femmes voilées chargées d'or - le murmure de l'Ecclésiaste :

Vanité des vanités,  tout est vanité, et poursuite du vent et il n'y a pas d'espoir sous le soleil. 





samedi 13 février 2016

Les vertes collines d'Erbil

Bon, désolé, c'est un titre un peu mensonger car les collines d'Erbil ne seront vraiment vertes que dans quelques semaines, couvertes d'herbes et de céréales.

Pour l'instant, c'est un peu désertique et Hemingway serait déçu.

Mais quel bonheur, à 30 minutes du centre ville, de se retrouver en pleine nature, sans le ronron des générateurs ni les cris des muezzins.

C'est beau le Kurdistan, non ?










Et pour finir, une colline presque verte !




vendredi 12 février 2016

Radio datcha : tous les vendredi, je suis dans la m...

En revenant de chez le yésidi du coin avec mes quelques bières et ma bouteille de vin (il faudra que je parle dans un article prochain de l'ambiance si particulière qui règne - en pays musulman - chez les "dealers" légaux d'alcool) je me suis souvenu de cette chanson de Simon Slepakov, Семён Слепаков.


Каждую пятницу я в гавно

(kajdou piatnistou ya v'gavno)

Tous les vendredis je suis dans la m... = je me mets minable




S'enivrer alors que le Carême  - que je m'efforce maladroitement de faire - vient de commencer est incontestablement un péché.

J'avancerai deux circonstances vaguement atténuantes - puisse le Seigneur me pardonner : 

La première. A Erbil, la messe du dimanche n'est célébrée que le vendredi par un prêtre catholique (en anglais) donc le vendredi est comme un dimanche, journée où il est possible de rompre le jeûne.

« Pour se rapprocher de Dieu, il faut beaucoup pécher »


BONNE ECOUTE SUR RADIO DATCHA !

dimanche 7 février 2016

Le regard pensif du guerrier géant

Ne le voyez-vous pas ?

Ou plutôt le haut de son casque, ainsi que l'extrémité de sa lance.

Le voyez-vous à présent ? Ce guerrier métonymique.

Moi, je le vois tous les soirs depuis ma chambre d'hôtel à Erbil, Kurdistan d'Irak.

Il regarde vers l'ouest, il regarde le soleil couchant, il somnole en rêvant à de sanglantes conquêtes et de blanches femmes lascives.

Là-bas, par-delà Mossoul, par-delà Palmyre, par-delà Kobané et Tripoli... Là-bas, là-bas, vers Athènes, Rome, Paris.






"Les minarets sont nos baïonnettes, 
Les coupoles sont nos casques, 
Les mosquées sont nos casernes 
Et les croyants, notre armée."
ERDOGAN
actuel président de la Turquie, 
discours de jeunesse (1997)


vendredi 5 février 2016

Que l'Occident cesse de soutenir les groupes qui nous massacrent

Propos du Patriarche Aphrem II de Syrie, publiés sur LESCRISES.FR - site dont je recommande vivement la lecture.

Nous ne demandons pas à l’Occident une intervention militaire pour défendre les chrétiens et tous les autres. Nous leur demandons de cesser d’armer et de soutenir les groupes terroristes qui détruisent notre pays et massacrent notre peuple. S’ils veulent nous aider, ils n’ont qu’à soutenir les gouvernements locaux qui ont besoin de forces armées en nombre suffisant pour maintenir la sécurité et pour défendre leur population respective contre les attaques. Les institutions d’État ont besoin d’être renforcées et stabilisées. Au lieu de cela, ce que nous voyons est leur démantèlement  par la force encouragé de l’extérieur.

*
   Nous ne nous sommes pas soumis  à Assad et à des gouvernements prétendument autoritaires. Simplement nous reconnaissons les gouvernements légitimes. La majorité des citoyens syriens soutiennent le gouvernement Assad et l’ont toujours soutenu. Nous reconnaissons les autorités légitimes et prions pour ceux qui en font partie, ainsi que l’enseigne le Nouveau Testament. Nous constatons aussi que de l’autre côté il n’y a pas d’opposition démocratique, seulement des groupes extrémistes. Par-dessus tout, nous voyons qu’au cours des années récentes, ces groupes ont fondé leurs actions sur une idéologie qui vient de l’extérieur, apportée ici par des prêcheurs de haine qui viennent d’Arabie saoudite, du Qatar, d’Égypte, et sont soutenus par ces pays. Ces groupes reçoivent  également des armes à travers la Turquie, comme les médias nous l’ont montré.

*
 L’État islamique (Daech), n’est certainement pas l’Islam qu’on nous a enseigné et avec lequel nous avons vécu pendant des centaines d’années. Il y a des forces qui l’alimentent en armes et argent parce que c’est utile à ce que le Pape François appelle « la guerre sporadique ». Mais tout ceci attire aussi une idéologie religieuse perverse qui se prétend inspirée par le Coran. Et c’est possible parce que dans l’Islam il n’y a aucune structure d’autorité qui ait la force d’offrir une interprétation authentique du Coran et fasse preuve d’autorité en rejetant les prêcheurs de haine. Chaque prédicateur peut aussi donner son interprétation littérale de versets isolés, qui semblent justifier la violence et le lancement de fatwas sur cette base, sans aucune autorité supérieure pour les contredire.

Les SAOUD, DAECH et les TALIBANS, même combat

Les Talibans ont fait sauter les bouddhas de Bamiyan.


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Les djihadistes de l'Etat islamique - DAECH noir - ont rasé Palmyre.

Quant à la famille régnante d'Arabie Saoudite, les Saoud, - DAECH BLANC - elle est responsable de la destruction massive d'un patrimoine de l'islam millénaire. 

Sur ce sujet, je recommande vivement l'article de Corinne Autey-Voussel, Les lieux saints de l'islam en péril,  publié sur LES CRISES.





L'idéologie fanatique wahhabite, qui est plus ou moins celle de tous les fanatiques musulmans, me  fait penser à une affreuse tumeur cancéreuse dont les pétro-dollars alimentent des métastases partout dans le monde.

Dans cent ans, lorsque nous en aurons fini avec le pétrole, nous en aurons aussi fini avec le fanatisme islamique. 

Le développement des énergies renouvelables s'accompagnera probablement du développement d'un islam renouvelé  - non toxique pour la planète. Et les Saoud, ces bédouins enrichis et stupides, retourneront traire leurs chamelles.

Pour reprendre le mot de ce traître de Nabe, "patience" !

jeudi 4 février 2016

KURDISTAN : vers un référendum pour l'indépendance ?

Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a annoncé hier sur son site internet sa volonté d'organiser un référendum par lequel le peuple kurde pourrait se prononcer sur une éventuelle indépendance.



« Le temps est venu et la situation est maintenant favorable pour que le peuple kurde prenne par référendum une décision sur son sort. Ce référendum ne signifie pas proclamer un Etat, mais plutôt permettrait de connaître l'opinion du peuple kurde sur l'indépendance et, pour les dirigeants politiques, cela permettrait d'exécuter la volonté du peuple le moment venu. Si le peuple du Kurdistan attend que quelqu'un d'autre présente le droit d'autodétermination comme un présent, l'indépendance ne sera jamais obtenue. Ce droit existe et le peuple du Kurdistan doit le réclamer et le mettre en œuvre. De la même façon que l'Ecosse, la Catalogne, le Québec et d'autres régions ont le droit d'exprimer leurs aspirations sur leur destinée, le Kurdistan est habilité à se prononcer, et cela n'est pas négociable. »

Voilà une décision qui ne va pas plaire au pouvoir central car le Kurdistan, ne l'oublions pas, fait officiellement toujours partie de la République d'Irak.

Voilà aussi une décision qui va plonger dans l'embarras les chancelleries occidentales soucieuses de garder les faveurs d'Istanbul et de Bagdad.

Quant aux Kurdes, je ne suis pas sûr que la question les passionne : j'ai parlé  de tout et de rien aujourd'hui avec 4 chauffeurs de taxi, 3 peshmergas, 2 serveurs, 2 réceptionnistes, 3 profs et 2 administrateurs - mais aucun n'a eu un seul mot sur le sujet. Est-ce par pudeur ou par désintérêt ?

L'écroulement du cours du brut plonge le Kurdistan dans une grave crise économique : l'Etat ne verse plus les salaires depuis plus de 6 mois (au Kurdistan, 70% de la population active est fonctionnaire!).

L'argent dans le porte monnaie serait-il un souci plus pressant que le bulletin dans  l'urne ?


Faut-il changer les frontières de l'Irak et de la Syrie ?

Il y avait foule jeudi dernier, à l’Institut français d’Erbil, pour assister à la conférence d’Alain GRESH intitulée  100 ans après SYKES-PICOT.

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Question brûlante en effet :

Les djihadistes de l’Etat Islamique ne font-ils pas sauter avec délectation les postes frontières entre la Syrie et l’Irak au cri de : « Sykes-Picot est mort » ?

Et le président du Kurdistan irakien Massoud BARZANI n’a-t-il pas lui-même récemment tenu les propos suivants dans divers médias : « Les leaders internationaux ont compris que les accords Sykes-Picot sont arrivés à terme » ?

Les frontières actuelles du Moyen-Orient - héritées en grande partie d’un accord secret vieux de plus d’un siècle - doivent-elles être supprimées, déplacées, redessinées ? Voilà la question que tout le monde se pose, et voilà la question à laquelle le prudent Alain GRESH – pour la plus grande déception de l’auditoire majoritairement kurde - n’a pas vraiment répondu.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, je rappellerai qu’Alain GRESH a été pendant de nombreuses années rédacteur-en-chef puis directeur-adjoint du Monde diplomatique. Il est l’auteur de dizaines d’ouvrages dont notamment Les 100 clefs du Proche-Orient, L’Islam, la République et le monde ou encore L’Islam en question.

Je ne prétends pas ici reproduire toute la conférence mais vous faire part des éléments qui m’ont semblé les plus intéressants.

Les Français et les Anglais - optimistes quant à l’issue de la Première Guerre mondiale - décident dès 1916 de vendre la peau de l’ours et de se partager les futurs restes de l’Empire Ottoman. Cet accord secret porte le nom de ses architectes : l’anglais Sykes et le français Picot.

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Petit détail intéressant : en 1910, la puissante flotte britannique abandonne le charbon au profit du fuel. Dès lors l’approvisionnement en pétrole devient un enjeu stratégique. D’où la volonté des Anglais de contrôler Mossoul et Kirkouk.  

En 1920, l’accord secret de Sykes-Picot devient plus officiel lors du Traité de Sèvres qui fixe les zones d’influence dans les frontières actuelles : la Syrie et le Liban pour la France ; la Palestine (avec le contrôle de Suez) et l’Irak pour l’Angleterre.

Ce traité de Sèvres est connu de tous les Kurdes car il prévoyait la création d’un « Kurdistan autonome avec une vocation à l’indépendance ».

Mais la révolte en Turquie gronde : Mustafa Kemal dénonce alors le « diktat » et refuse par les armes ce traité qui envisageait la création d’un Kurdistan indépendant. Les alliés  - qui ne veulent pas entrer en guerre contre le nouvel état Turc - signent les accords de Lausanne en 1923… le Kurdistan disparaît des cartes.

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Bref, pour les Kurdes, les méchants ne sont ni Français (ouf !) ni les Anglais mais les Turcs qui ont empêché par la force l’application du traité de Sèvres (vision un peu simpliste qui oublie que de nombreux Kurdes se sont alliés à M.Kémal).

Ce qu’il faut bien avoir à l’esprit,  c’est que les frontières imaginées par Sykes-Picot n’ont jamais été vraiment remises en question. Les luttes politiques qui ont suivi n’ont pas visé à la destruction des nouveaux états créés mais bien plutôt à leur libération de la présence coloniale française ou anglaise. Et Alain Gresh d’évoquer le panarabisme des années 40-50 qui a favorisé la création des unités nationales en permettant même l’alliance de chrétiens et de musulmans comme en Egypte par exemple, ou de Kurdes et d'Arabes comme en Irak.

Après ce vaste balayage historique, tout l’auditoire attendait avec impatience l’analyse d’Alain GRESH sur la situation présente. Les Kurdes, il me semble, pensaient qu’ils trouveraient en lui un allié, une caution intellectuelle, quelqu’un qui leur dirait « le Kurdistan indépendant est une idée juste, vous avez raison de vous battre pour réparer l’injustice liée à la non-application du Traité de Sèvres, etc. »

Que Nenni.

Douche froide.

Après avoir dit que la plus grande ville kurde au monde était Istanbul et qu'un petit Etat  (car le Kurdistan - irakien - ce n'est pas bien grand) n'était pas nécessairement une bonne chose à l'heure de la mondialisation, Alain GRESH a développé un parallèle entre l’éventuelle indépendance du Kurdistan et la situation actuelle de guerre civile au Sud-Soudan. Comparaison bien péjorative pour le peuple peshmerga.

Enfin, pour bien enfoncer le clou, il a avancé l’idée que l’Etat-Nation – qui a causé tant de souffrances au 19ème et au 20ème siècle – était un idéal périmé et dangereux pour lequel il ne valait pas la peine de mourir et que l’heure devait être au dépassement du nationalisme, à la coexistence pacifique et à l’acceptation de la diversité : les dents grinçaient dans la salle.

De toute évidence, l’ancien directeur du Monde diplomatique n’a pas cherché à flatter son auditoire ! Une certaine forme de courage et d’intégrité, non ?