dimanche 26 juin 2016

L'Union Européenne ou l'URSS du 21ème siècle

Quand on voit les gesticulations de Hollande, l'indifférence de Merkel et l'agressivité de Bruxelles, on comprend que l'UE n'a aucune chance de trouver un second souffle. Irréformable, elle ne peut que s'écrouler plus ou moins vite.

L'Europe, nous disait-on, c'est la paix, c'est la prospérité, c'est la stabilité : quelle triste blague.

Les conflits en Bosnie puis en Ukraine nous ont montré que l'Europe c'est la guerre.
La crise grecque nous montre que l'Europe c'est la misère.
La crise des migrants nous montre que l'Europe c'est le chaos.
Et la crise britannique nous montre que l'Europe c'est fini !

Et une fois de plus, la grande erreur de l'humanité - dénoncée par Nietzsche dans son Crépuscule des Idoles - se reproduit : confondre la cause et la conséquence.
Ce n'est pas parce que les peuples sont bêtes et méchants qu'ils veulent quitter l'Europe, c'est parce que l'Europe est bête et méchante que les peuples la quittent.

Vidéo savoureuse d'un homme qui a vécu dans notre futur, et ça n'a pas marché !





dimanche 19 juin 2016

HELLY LUV, la Shakira kurde

Shakira, Beyoncé ou Olympe de Gouges,  je ne sais pas trop !

Ce n'est pas forcément ma musique préférée mais le clip de sa chanson RISK IT ALL permet de découvrir le paysage urbain d'Erbil avec sa citadelle, les tenues traditionnelles kurdes et le déhanchement relativement intéressant de cette Finlandaise d'origine kurde qui s'appelle en vérité Helan Abdulla.




Derrière les apparences d'une bimbo orientale, se cache en fait une femme engagée contre DAECH et pour les PESHMERGAS.

Ayant vécu - à cause de la guerre Iran-Irak - les premiers mois de sa vie dans des camps de réfugiés, elle se sent aujourd'hui particulièrement touchée par le sort des réfugiés syriens présents par dizaines de milliers au Kurdistan.

"Je me souviens juste que ma mère disait qu'il faisait toujours froid. Nous avions toujours faim. Tout était mouillé. Tout était sale"

"C'est tellement dur de tout perdre d'un seul coup et il n'y a pas grand chose que je puisse dire pour que les familles réfugiées se sentent mieux. Mais ce que je promets c'est de ne jamais me taire. Je vais parler de la douleur du Kurdistan et des gens qui souffrent. Je vais agir. Je ne serai jamais silencieuse."




Au Kurdistan, la plupart des femmes sont voilées et à la maison : ce qui explique que certains Kurdes l'acclament et que d'autres la maudissent.

Elle a reçu de nombreuses menaces de mort. D'abord effrayée, elle a finalement réagi et s'est fait tatouer sur son épaule gauche "NASRI" en kurde, ce qui veut dire "SANS PEUR" !

" Les gens ont parfois peur de parler fort, de prendre des risques et de briser les règles. Je crois à la liberté et aux droits des femmes."


Bonne écoute sur RADIO PESHMERGA !


samedi 18 juin 2016

la plus belle des sourates !


- Je n'arrive plus à bouger, Corto... Je suis fichu... Récite-moi la sourate "L'aube naissante"... et puis couvre-moi le visage selon la coutume bédouine...

- La sourate de "l'aube naissante" ?... Au nom d'Allah le Miséricordieux.
1. Bienheureux El Oxford qui va commencer une nouvelle vie pleine de jolies femmes et de vin.
2. Il ne faudra plus observer la Loi... ni les Saintes Ecritures.

- Ah !... Corto. Corto... maudit farceur... une sourate aussi belle n'existe pas...

Hugo Pratt, Les Ethiopiques
ultime dialogue entre El Oxford et Corto

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jeudi 16 juin 2016

De la famille comme seule instance authentiquement révolutionnaire

Jésus a dit aux apôtres : « Vous, donnez-leur quelque chose à manger. » C'est de cette manière que l’Évangile formule le principe de subsidiarité. Jésus n'a jamais dit : « Allez demander à César d'organiser un système d'assistance sociale impériale et d'assurer la justice sociale. » 

La famille est la première et la meilleure institution de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Si nous voulons aider les gens à sortir de la pauvreté, nous devons commencer par défendre la famille – et la moralité chrétienne, parce que la charité catholique ne peut pas être séparée de l'évangélisation. 

Nous ne pouvons pas défendre la vie et la famille en même temps que nous demandons un rôle accru pour le gouvernement dans la société, ou la création d'un gouvernement mondial.

jeudi 9 juin 2016

Un détail de l'histoire

Il y a quelques mois, dans un post intitulé LE PESMERGHA DU DIABLE, je m'étonnais de la présence de cartes postales d'Hitler dans de nombreuses boutiques du centre ville de Slemayni, la capitale culturelle du Kurdistan d'Irak.

Je fus surpris aussi de voir des petits kurdes jouer aux soldats dans les rues d'Erbil avec de grosses croix gammées coloriées sur leurs bras.

Tels pères, tels fils ? c'est du moins ce que je me demande aujourd'hui après avoir vu - en plein centre ville, au pied de la citadelle, près du bazar et du siège du gouvernorat - ce que j'ai vu...






Je me suis d'abord dit que quelqu'un de mal intentionné avait peu-être collé cette croix nazie sur le pare-brise arrière - mais le pendentif intérieur a vite rendu caduc cette hypothèse.




Le propriétaire est soit un gros con, soit un gros connard 
mais dans les deux cas ce qui est inquiétant c'est...




... qu'il est membre du Parti Démocrate Kurde, le PDK, 
le parti du président Barzani actuellement au pouvoir au Kurdistan d'Irak.

Et moi qui, naïf, croyais que les nazis étaient dans les rangs de DAECH 




dimanche 5 juin 2016

IRAK : L'HIVER ARRIVE

Il fait déjà 40° et pourtant comme disent les protagonistes de Games Of Thrones : « Préparez-vous, l’hiver va venir ».

L’hiver, ou plutôt le ramadan, qui entraîne avec lui la fermeture de tous les magasins d’alcool du Kurdistan. Ce qui est aussi triste qu'une femme voilée de noir.


Fermé pour cause de Ramadan ! (Erbil, Ankawa.)

Si tu bois, tu iras en enfer... Keep walking !

L’hiver va venir, je suis donc allé couper du bois chez le Yésidi du coin pour me réchauffer pour les froides journées de juin qui m’attendent : rien de tel qu'un raki irakien à 45° pour résister quand il en fera 50° !






sans oublier quelques bières et un peu de vin chilien




La fermeture de tous les dealers d’alcool chrétiens et yésidis m’intrigue : est-ce une obligation légale ou est-ce un usage ? La Constitution du Kurdistan d'Irak serait-elle islamique ?

En attendant, je mesure à quel point le premier miracle du Christ est un mystère joyeux, lui qui lors des noces de Cana a changé l’eau en vin – sanctifiant par ce geste et par sa présence l’amour humain et l’ivresse ici-bas.


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Pas la peine d'attendre la mort 
pour goûter aux plaisirs de la vie !


samedi 4 juin 2016

DAECH à FALOUJA : tuer le monstre et l'empêcher de renaître.


Myriam Benraad,  spécialiste de l’Irak et du Moyen-Orient, était invitée jeudi dernier par l'Institut français d'Erbil pour une conférence intitulée :
Par-delà l'Etat islamique en Irak, l'irrémédiable sécession sunnite ?

Vous trouverez ci-après un compte-rendu de ses propos qui permettent de comprendre un peu mieux la terrible situation actuelle.

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Le Sunnite, construction d’un ennemi.

Il convient de replacer la question de l’Etat islamique dans la perspective de la dernière décennie irakienne pour essayer d’envisager l’après.

Après le 11 septembre, et à la veille de la deuxième guerre du Golfe, les Etats-Unis sont à la recherche d’un ennemi : ils le trouveront, ou plutôt le créeront : les Sunnites - considérés comme les soutiens directs du régime baasiste dictatorial de Saddam Hussein. Absurdité, car la majorité des arabes sunnites n’avaient rien à voir avec Saddam.

La bataille de Falouja (2003-2004) : creuset de l’Etat islamique.

Après la chute de Saddam, les américains contrôlent la ville de Falouja. En avril 2003, des habitants manifestent pacifiquement pour la réouverture d’une école mais les GI’s postés sur le toit croient à une attaque et tirent sur la foule. C’est un massacre. La population de la ville, profondément choquée, décide de prendre les armes contre l’envahisseur. La jeunesse radicalisée – la génération embargo – échappe aux notables modérés et appelle au jihad. C’est le début d’une bataille sanglante qui va durer un an et dont l’épisode le plus connu est le lynchage de mercenaires américains.

L’image de cette foule en liesse devant les corps pendus et carbonisés des contractuels de BlackWater va choquer l’Amérique qui va prendre alors conscience qu’on lui a menti et que tout se passe mal en Irak.

A Falouja, la résistance à l’envahisseur américain se compose de deux forces principales : les anciens baasistes, d’une part, et la jeunesse salafiste radicale dirigée par un certain Zarkaoui, d’autre part.

Cette mouvance salafiste a été encouragée par Saddam lui-même dans les années 90 avec sa grande « campagne de la foi » dont le but était de retrouver une légitimité populaire grâce à une référence accrue à l’islam.

Notons déjà la présence de combattants djihadistes étrangers, principalement des Marocains, des Saoudiens et des Anglais.

Les Sunnites, les grands perdants du nouvel ordre américain en Irak.

Perçus par les Américains comme les principaux complices de Saddam, les Sunnites vont être écartés du nouveau pouvoir qui se met en place à Bagdad. Ils sont sous-représentés dans tous les ministères et ne possèdent aucun poste clef.

Pour les Sunnites, les Chiites et les Kurdes - soutenus par les Iraniens et les Américains – sont les traîtres qui ont vendu l’Irak.

En 2005 : les arabes sunnites sortent du processus électoral et ne sont pas là pour rédiger la nouvelle Constitution. Ils sont absents de presque tous les rouages du nouvel Etat.

2005-2008 : Zarkaoui commence à mettre en place son Emirat islamique, il fait régner la terreur à coups d’égorgements, de voitures piégées et de têtes tranchées mais son Emirat est affaibli par les attaques de l’armée américaine rendues relativement efficaces grâce à une alliance avec certaines tribus.

2008 : Pour les Américains, tout est réglé, l’insurrection est finie, on peut partir ! Obama est élu avec la promesse d’un retrait rapide des troupes d’Irak. Un comble, car en fait rien n’est réglé : les attentats continuent et les Sunnites n’ont toujours aucun pouvoir. Maliki, le chef du gouvernement irakien, place les membres de sa famille à tous les postes clefs.

En 20011, Obama annonce qu’il quitte l’Irak « souverain » ! mais quel Irak ? Un Etat corrompu, reconnu uniquement à Bagdad et dans quelques villes, protégé par une armée démotivée. Terrible responsabilité des Américains qui ont détruit un pays et l’abandonnent au chaos.

L’Etat islamique : de l’horreur du vide à l’horreur.

Une fois les Américains partis, la voie est libre pour l’Etat islamique qui négocie avec les notables et les tribus et entre dans de nombreuses villes, comme Falouja, Kirkouk, Mossoul, sans combattre. L’armée irakienne se replie, les soldats désertent car pourquoi se battre ? pour l’Irak (qui n’existe plus) ? pour Maliki (qui est un corrompu) ?

L’Etat islamique suscite alors un espoir pour les populations arabes sunnites : promesse d’une lutte contre la corruption, d’une aide financière aux plus démunis, d’un ordre retrouvé après le désordre et la guerre des dernières années.

Hélas, c’est très vite la désillusion. La guerre continue, les bombardements rendent la vie impossible, les exécutions publiques rythment le quotidien. Une vie meilleure grâce au Califat ? Mais, non, c’est la terreur, la pénurie et la misère qui règnent. De nombreuses révoltes populaires sont écrasées dans le sang.

Et après ?

On peut raisonnablement penser que l’Etat islamique va être vaincu, du moins chassé des principales villes qu’il occupe aujourd’hui. Et après ? Falouja libéré ? Mossoul libéré ? mais par qui ? par des miliciens chiites qui détestent les Sunnites ? par des peshmergas kurdes qui détestent les arabes ? par des politiciens millionnaires de Bagdad qui ne pensent qu’à s’enrichir sans se soucier des populations qui vivent dans les égouts ?

Si on libère les territoires sans une stratégie derrière pour recréer une légitimité politique, alors il y a peu d’espoir que la guerre cesse.  L’Etat islamique a tiré sa puissance du vide politique qu’il avait face à lui. Sans formule politique alternative à proposer, il risque de toujours renaître de ses cendres. Les Sunnites doivent être représentés dans les instances politiques et gouvernementales.

Redessiner la carte en créant un nouvel état chiite, un nouvel état sunnite et un état kurde ne semble pas une solution mais plutôt un problème susceptible d’entraîner des décennies de guerres pour le contrôle de frontières supposées naturelles ou historiques.

Un retour du Politique est absolument nécessaire. Objectif : maintenir l’Irak et trouver des solutions d’autonomie et de fédéralisme acceptables pour que les populations puissent retrouver des conditions de vie décentes car la situation humanitaire est désastreuse. 

Il faut un Etat civil – et non pas un régime aux mains d’individus qui ne songent qu’à leurs intérêt particuliers (eux qui se sont partagé les dizaines de milliards de dollars du pétrole des années 2003-2016) - il faut tout faire pour recréer une citoyenneté irakienne, a minima, pas une citoyenneté qui écrase les identités. 

La nation irakienne est une mosaïque qui doit être vue pour ce qu’elle est : une richesse. Toute la formule politique doit être repensée : il faut une réappropriation de la chose publique par les Irakiens qui doivent se saisir de leur destin. Le seul avenir de l’Irak, c’est les Irakiens.