samedi 26 novembre 2016

éloge de la dhimma dans les nouveaux programmes

Précepteur au Kurdistan d'Irak pour quelques enfants russes scolarisés dans une école française, j'ai découvert ces jours-ci le fichier d'histoire 5ème du CNED (centre national d'éducation à distance) qui applique les nouveaux programmes.

La deuxième unité est entièrement consacrée à l'islam.
- séance 1 : Les conquêtes arabes
- séance 2 : La ville musulmane, symbole d'une nouvelle civilisation
- séance 3 : L'islam, une religion codificatrice.

Le premier texte de la première séance donne le ton, c'est un long éloge de la dhimma - l'impôt que les non-musulmans doivent payer pour continuer d'exister dans l'ouma.

La conquête de la Palestine près de la rivière de Yarmouk en 636, d'après Al-Balâdhurî, Histoire des conquêtes musulmanes, vers 892.

"Quand Héraclius (1) massa ses troupes contre les musulmans et que les musulmans apprirent qu'elles avançaient pour le renverser au Yarmouk, les musulmans rendirent aux habitants de Hims (2) l'impôt qu'ils avaient reçu d'eux, en disant : Nous sommes trop occupés pour vous secourir et vous protéger ; veillez à votre propre sécurité.
Mais la population de Hims répliqua : Nous préférons de beaucoup votre domination et votre justice à l'état d'oppression et de tyrannie dans lequel nous vivions. Certes l'armée d'Héraclius, avec l'aide de votre gouverneur, nous la repousserons de la ville. Les juifs se levèrent et dirent : Nous jurons sur la Torah qu'aucun gouverneur d'Héraclius n'entrera dans la ville de Hims à moins que nous soyons d'abord vaincus et épuisés ! Sur ces mots, ils fermèrent les portes de la ville et y montèrent la garde. Les habitants des autres villes, Chrétiens et Juifs, qui avaient capitulés entre les mains des Musulmans agirent de la même manière, disant : Si Héraclius et ses sectateurs l'emportaient sur les Musulmans, nous retournerions à notre ancienne condition ; autrement, nous garderons notre situation présente aussi longtemps que domineront les Musulmans.
Quand avec l'aide d'Allah, les infidèles furent défaits et les Musulmans victorieux, ils ouvrirent les portes de leur ville, sortirent avec les chanteurs et les musiciens qui commencèrent à jouer et payèrent l'impôt foncier."

(1) Empereur byzantin qui régna de 610 à 641.
(2) Hims, une des principales villes de Syrie.

Le deuxième texte, continue dans le même sens :

"Voici la garantie que le calife Omar (1) accorde aux habitants de Jérusalem. A tous, sans distinction, qu'ils soient bien ou mal disposés, il garantit la sécurité pour eux-mêmes, leurs possessions, leurs églises, leurs croix et tout ce qui concerne leur culte. Leurs églises ne seront pas transformées en habitations, ni ne seront détruites. Ils ne seront pas contraints en matière de religion et personne d'entre eux n'aura la moindre vexation à craindre. Il prend Dieu pour témoin. Il ne leur sera fait aucun mal, à condition qu'ils paient un impôt."


D'après Al-Taban, Chronique, VIIIe siècle

(1) Calife Omar : Calife de 634 à 644, maître de la Palestine conquise.


Que certains conquérants musulmans aient fait preuve d'une certaine tolérance avec les populations conquises, je ne le nie pas et même je m'en réjouis - car il est toujours souhaitable que la cruauté et la souffrance soient évitées (et les remarques sur ce blog de Mahmoud Lakama à propos de la brutalité de la reconquête espagnole et des conversions forcées méritent d'être rappelées).

Non, ce que je reproche à ce fichier CNED, c'est le choix précisément de ces deux textes qui font finalement des conquêtes arabes de véritables guerres de libération et d'extension du bonheur terrestre. L'islam religion d'amour et de tolérance, voilà le message simpliste - alors qu'à mon sens la question est un peu plus complexe. A moins d'affirmer que l'Etat islamique - dont on découvre en ce moment et  quotidiennement les charniers yésidis à 50 kilomètres d'Erbil - n'a absolument rien, mais rien à voir du tout avec l'islam.

Imaginons un peu les hurlements d'universitaires de gauche, si les programmes scolaires contenaient un éloge de la colonisation européenne.

Bref, je vois dans ces programmes un symptôme supplémentaire de l'époque: non pas l'amour de l'autre mais la haine de soi.

jeudi 24 novembre 2016

Tristes François

L'un promet "d'absoudre l'avortement"l'autre - honteux d'être pris pour un ami de la vie - en appelle à "la dignité " et nie être "un conservateur moyenâgeux".

Et ils se disent chrétiens ? Et ils se disent catholiques ? eux qui refusent de défendre celui qui ne peut pas se défendre.

Ces François-là valent le François qui nous gouverne.

O, triste France, fille bafouée de l'Eglise bafouée.


jeudi 17 novembre 2016

Le secret du MASBROUF

Le MASBROUF n'est ni un animal mythologique, ni le nom d'un bataillon de choc engagé à Mossoul.

Le MASBROUF, c'est le plaisir, le partage, c'est le fumet, les doigts qui collent, la fumée, le feu, la chair, la flamme, c'est la famille et l'amitié,

Le MASBROUF, c'est l'autre délice kurde - mais d'origine arabe

Le MASBROUF serait-il le symbole fraternel de l'IRAK ? Par delà les Sunnites, les Chrétiens, les Chiites, les Kurdes, les Turkmènes et autres Yesidis ?

Le MASBROUF, pour le trouver, pour le faire, pour le sentir ou pour le voir, il vous faut :


BEAUCOUP DE BOIS

et aussi 

UN FOYER

et enfin

UN CUISTOT

Et oui, le MASBROUF, c'est ça...



LE TIGRE




 L'EUPHRATE




et d'autres fleuves ou lacs




où nage la CARPE

 qui longuement grillera

 au feu de bois


samedi 12 novembre 2016

Les cow-boys amoureux

Photo trouvée sur les réseaux sociaux russes !


3 bonnes raisons de se réjouir de l'élection de Trump : Ukraine, Syrie et avortement.

Davaï Trump !

De l'esprit de chevalerie

Défendre la veuve et l'orphelin, défendre le faible : voilà ce qui caractérise l'esprit chevaleresque.

Esprit chevaleresque qui fait cruellement défaut à notre époque, triste époque pour laquelle le progrès consiste en l'élimination de l'enfant à naître - surtout s'il n'est pas "normal" - du malade ou du vieillard.

En interdisant la diffusion de cette vidéo de la fondation Jérôme Lejeune, le CSA et le Conseil d'Etat montrent clairement qu'ils sont du côté de l'impitoyable.




J'ai travaillé comme précepteur pendant plus d'un an avec une petite fille trisomique de 7 ans. C'est une de mes plus belles expériences ; elle faisait sa prière avant de passer à table et me demandait : "As-tu Jésus dans ton coeur?"


Je ne sais pas s'il existe de plus belle et plus pressante question... 
"As-tu Jésus dans ton coeur ?"


samedi 5 novembre 2016

Russie : le champignon magique !

Celui qui a la chance de prendre le train pour se déplacer en Russie constate que  les villes n’y apparaissent que comme  des oasis dans une immensité  désertique, que comme  des îles dans un océan de forêts de bouleaux, de plaines plus ou moins cultivées, plus ou moins ondulées.

Et de ces villes – même lorsqu’elles sont  bétonnées, industrialisées et fortement peuplées (comme Togliattti par exemple) – il est cependant facile de s’échapper en quelques minutes de machina ou de marchroutka et de se retrouver ainsi « into the wild ».

Retrouver la nature, opérer un retour à la terre, vivre avec le rythme des saisons : nous en rêvons tous plus ou moins.

En Russie, ce rêve est une réalité.

Rêve qui se réalise tout d’abord grâce à la datcha que toutes les familles russes possèdent : souvent un modeste lopin de terre qui permet de cultiver ses propres fruits et légumes. A l’ère des grandes surfaces et du tout numérique, manger des tomates goûteuses que l’on a soi-même plantées a tout d’un luxe étonnant.

Ce rêve se réalise aussi grâce à de belles échappées dans les bois et les sous-bois.

L’été on va y chercher  les zimlinika – délicieuses petites fraises des bois -  dont on fera des confitures ou que l’on congèlera pour pouvoir les déguster pendant l’hiver. Et attention, il ne s’agit pas de cueillir quelques poignées de fruits pour agrémenter une glace à la vanille ou pour en faire une tarte, mais bien de rapporter à la maison quelques seaux de plusieurs kilos !

En Russie, tous les chemins mènent aux bois !

A l’automne, on va aux champignons, собирать грибы. Et pareillement, le but n’est pas de rapporter de quoi se préparer une omelette mais bien de quoi tenir toute l’année. Dix ou vingt kilos de champignons, voilà l’objectif, voilà une bonne récolte ! Bien-sûr, il y de bonnes et de moins bonnes années pour les champignons : tout dépend de la température, des précipitations et de votre propre disponibilité.



Les deux ou trois jours passés dans les forêts pour recueillir cette précieuse pourriture seront suivis par deux ou trois jours de travail en cuisine pour les mettre en bocaux. Tout d’abord,  les trier, les laver, parfois les faire bouillir, parfois les faire frire, parfois les découper ou les mettre à mariner, à presser, avec de l’ail, du poivre, du vinaigre, des herbes et d’autres ingrédients…

Un presse champignons artisanal !
Les champignons de Paris, les bolées et les cèpes sont peut-être les plus présents dans les magasins français mais dans les forêts russes quand on se baisse, c’est pour ramasser des grousdi, des rijiki, des licitchki, des apyata, des maslata, des baroviki…



Ne sont-ils pas appétissants ces grousdi dodus ?

Tout le monde connaît le caviar, tout le monde connaît la vodka, mais peu de gens savent qu’une table russe qui se respecte doit présenter aux papilles de ses commensaux quelques petites assiettes de champignons. On garde ces  деликатесы (délicatesses) surtout pour les grandes occasions : anniversaires, nouvel an, Noël et autres jubilés.  Les champignons sont servis froids, souvent assaisonnés avec du sel, de l’ail, des oignons et un peu d’huile. Sont aussi possibles la smetana (sorte de crème fraiche) ou, bien-sûr, la mayonnaise !




Les forêts vous attendent !