dimanche 14 mai 2017

RUSSIE-TURQUIE, vers l'apaisement

Il y a un an, suite à la destruction d’un chasseur-bombardier russe dans le ciel turco-syrien, l’ambiance était devenue épouvantable entre la Russie et la Turquie.

Des mesures inamicales avaient été prises de part et d’autre : soutien russe aux troupes kurdes de Syrie considérées comme terroristes par Ankara, abrogation de la dispense de visa pour les citoyens turcs désireux de se rendre en Russie, et interdiction des importations turques, notamment des fruits et légumes. Sans compter le gel de nombreux projets de types gazoducs…

Je me souviens des vols d’Aeroflot, alors complètement vides entre Istanbul et Moscou : une fois le commandant de bord était même venu superviser en personne l’enregistrement des bagages et rassurer les quelques passagers. Plus un seul Russe ne désirait passer ses vacances en Turquie, eux qui étaient pourtant la première nationalité touristique du pays.

Mais depuis quelques mois, le réchauffement  - motivé par de solides raisons pragmatiques visant à rompre l’isolement ou la méfiance américano-européenne - est réel.

Ce réchauffement, je le constate à ma petite échelle.

Avant, pour me rendre d’Erbil à Togliatti, il me fallait 24 heures, trois avions et de très longs transits : Erbil-Istanbul / Istanbul-Moscou / Moscou – Togliatti.

Depuis quelques semaines, tout est changé.  Il  y a maintenant trois compagnies turques qui desservent directement Samara depuis Istanbul : Atlas Global, Pegasus et  Turkish Airlines. Mon temps de transport a été divisé par deux.

Au passage, je constate que même depuis Paris, il est plus économique de se rendre à Samara en transitant par Istanbul que par Moscou !

L’Airbus A320 de la compagnie Atlas Global  - plein de touristes russes ravis de se rendre en Turquie -   me paraît être finalement beaucoup plus qu’un simple aéronef…

Cet avion,  c’est un symbole,  c’est une colombe de la paix qui - donnant raison à Voltaire dans sa Lettre sur le commerce - « contribue au bonheur du monde ».